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Village Grande Nature : l’été de tous les défis

Propriétaire depuis janvier de Village Grande Nature, site de villégiature situé au pied des Chic-Chocs, Réjean Blouin aura beaucoup à faire cet été pour rentabiliser le site qui est surtout connu et fréquenté par des motoneigistes.

Un texte de Joane BérubéJusqu’à maintenant, Réjean Blouin a investi 500 000 $ et, ajoute-t-il: « j’ai des projets pour 1,3 million de dollars ». « Les gens ne venaient plus, raconte M. Blouin. Une journée, c’était ouvert, une autre, c’était fermé. »

Le constat après trois mois de fonctionnement, c’est que la clientèle hivernale est aussi à rebâtir. Le taux d’occupation a varié entre 18 % et 32 %. « On n’était pas dans les publicités, on n’était nulle part. Disons que j’ai encore de la place pour tripler », commente M. Blouin.

Malgré les défis, malgré le travail, l’homme y croit toujours.

Du pain sur la planche

Toutefois, tout est à refaire. L’offre doit être améliorée et la promotion du site est complètement à repenser. De plus, plusieurs bâtiments doivent être remis en état.

L’été sera donc déterminant, même si le promoteur ne vise qu’un taux d’occupation moyen de 25 %, ce qui permettrait au Village de terminer l’année sans être déficitaire.

L’homme d’affaires demeure convaincu qu’une des voies pour attirer la clientèle est la diversification des activités. Le site coûte trop cher à entretenir pour l’opérer durant la seule saison hivernale. « Le Village est appelé à devenir un site événementiel », croit celui qui veut à tout prix sauver le site.

L’ancien militaire, très engagé dans le développement du quad, possède une entreprise qui organise des séjours en quad et en VTT. C’est d’ailleurs en voyageant avec ses groupes qu’il a découvert et fréquenté le site de Saint-Octave.

En achetant toutes les installations du site, ce qui inclut entre autres une auberge, des chalets, une ancienne église et une ancienne école, Réjean Blouin souhaitait y installer le camp de base pour ses voyages en quad. Ce sera le cas cet été. Déjà un premier groupe est attendu dans une semaine. Ce ne sera toutefois pas suffisant.

D’autres activités sont donc en développement comme l’observation de l’orignal, de l’ours noir, le vélo de montagne, le canotage, la pêche et le camping.

Se faire connaître

La population locale représente seulement 15 % de la clientèle.

Le Village doit donc améliorer sa promotion, notamment auprès de la clientèle européenne. L’homme entend participer à deux salons en Europe, l’automne prochain.

Réjean Blouin évalue qu’il aurait besoin de 30 000 $ en publicité et de 12 000 $ pour améliorer la signalisation sur la route 132.

Consolider les installations

Le propriétaire du Village Grande Nature est conscient que pour conserver et promouvoir le site, il faudra des investissements de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Réjean Blouin estime que l’ancienne église a besoin de 250 000 $ pour être remise en état. La fondation du côté droit doit être refaite, le toit coule et les murs extérieurs sont à repeindre. Actuellement, le bâtiment est utilisé pour des réceptions, des mariages, des cours de groupe.

Le propriétaire croit qu’une fois restaurée, elle pourrait aussi servir à la présentation de pièces de théâtre, de spectacles de musique et d’événements.

L’état de l’ancienne école qui a été transformée en chambres et dortoirs avec cuisinette est encore plus préoccupant.

Régulièrement loué par des skieurs, des groupes de motoneigistes et même des travailleurs forestiers, l’espace a été en partie condamné puisque la semelle du plancher s’est brisée et qu'un des murs s’est affaissé. La toiture est aussi à refaire: une autre facture de plus de 100 000 $.

Il ne reste qu’un seul spa sur le site. Il y a une demande pour ce type d’installations, soutient Réjean Blouin, qui veut que le Village puisse offrir spa et sauna avec vue sur les montagnes. C’est une autre facture de près de 150 000 $, estime le propriétaire du Village.

Idéalement, les fenêtres de l’auberge sont à changer, ce qui a été évalué à plus de 80 000 $.

Enfin, le Village doit en effet déneiger les 13 kilomètres de route entre Cap-Chat et ses installations. Plutôt que d’investir plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année pour entretenir le chemin, Réjean Blouin croit que la solution passe par l’achat de l’équipement nécessaire, soit un coût supplémentaire de 185 000 $.

Le promoteur, qui dit pouvoir compter sur un bon appui du milieu, a déposé plusieurs demandes d’aide.

Outre le couple de propriétaires, l’entreprise compte trois employés permanents et trois employés surnuméraires. À terme, le promoteur croit que le Village pourrait employer une douzaine de personnes, 10 mois par année.

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