Dans la foulée du scandale Volkswagen et de l'effondrement de la valeur de la compagnie en Bourse, les États-Unis étendent à d'autres constructeurs automobiles leurs enquêtes sur les manoeuvres déployées pour contourner les règles antipollution.

Des tests sur des véhicules déjà en circulation produits par d'autres constructeurs sont actuellement menés par l'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) et la CARB (son homologue californienne).

On ignore pour le moment quels constructeurs sont visés par l'enquête. Parmi les groupes américains, Fiat Chrysler est celui qui mise le plus sur le diesel, suivi par General Motors. Le japonais Mazda est aussi présent sur ce marché.

Volkswagen avoue sa faute

Volkswagen, le premier vendeur d'automobiles du monde, a reconnu avoir installé sur plusieurs centaines de milliers de voitures diesel de ses marques VW et Audi vendues sur le marché américain un logiciel visant à fausser les résultats des mesures d'émissions polluantes.

Le chef de la direction de Volkswagen, Martin Winterkorn, s'est excusé dimanche au nom de sa compagnie pour avoir « brisé le lien de confiance avec ses consommateurs et le public ».

Par ailleurs, selon Bloomberg, spécialisé dans l'information économique, une enquête criminelle est en cours au Département de la Justice américaine pour faire la lumière dans cette affaire. Bloomberg se base sur les affirmations de deux personnes près de l'enquête, mais le Département de la Justice n'a pas voulu confirmer l'information.

Perte de confiance des investisseurs

L'action de Volkswagen a plongé de 18,6 % lundi à la Bourse de Francfort, après avoir perdu jusqu'à 23 % de sa valeur au cours de la journée, sa plus forte baisse sur une seule séance en 78 ans d'existence. Sa capitalisation boursière a ainsi fondu de près de 21 milliards de dollars canadiens.

Le groupe, qui s'expose à des amendes d'un montant total de 18 milliards de dollars, soit près d'une fois et demie son bénéfice net en 2014, a ordonné à ses concessionnaires aux États-Unis et au Canada d'interrompre la vente de plusieurs de ses modèles diesel.

L'Allemagne s'inquiète

Le ministre allemand de l'Économie et vice-chancelier, Sigmar Gabriel, a appelé lundi Volkswagen à faire toute la lumière sur les accusations dont le constructeur automobile est l'objet aux États-Unis. M. Gabriel a en outre exprimé son inquiétude quant aux conséquences de ce « grave incident » sur la réputation du secteur automobile allemand.

« Vous pouvez sûrement comprendre que nous ayons des inquiétudes sur le fait que la réputation excellente et justifiée de l'industrie automobile allemande et en particulier de Volkswagen puisse souffrir », a ajouté le dirigeant social-démocrate.

Un responsable du ministère de l'Environnement a pour sa part qualifié l'attitude présumée de Volkswagen de « tromperie manifeste du consommateur ».

Quant au ministre-président de Basse-Saxe, un Land qui possède12,4 % du capital du groupe, il a jugé qu'une enquête rapide et approfondie était nécessaire avant de prendre des décisions.

Le gouvernement allemand a déjà annoncé des « tests approfondis » sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen, pour déterminer si des données sur les émissions polluantes ont également été faussées ailleurs, notamment en Allemagne et dans le reste de l'Europe.

Selon une source proche de Volkswagen, la décision de contourner les règles antipollution nord-américaines aurait été prise par le siège social en Allemagne, et non par les divisions régionales concernées.

Les groupes allemands Daimler, maison mère de Mercedes-Benz, et BMW ont de leur côté tenu à se dissocier des accusations des autorités américaines contre VW, affirmant qu'elles ne les concernaient pas.

Volkswagen a fait la promotion de ses automobiles diesel, qui représentent environ 25 % de ses ventes, en faisant valoir qu'elles étaient meilleures pour l'environnement.

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