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Votre garantie antirouille vous protège-t-elle vraiment?

L'oubli de l'inspection antirouille sur une automobile dans le cadre d'une garantie du concessionnaire aurait pu mettre en danger la vie de ses propriétaires qui se sont tournés vers la Cour des petites créances pour obtenir un dédommagement.

Un texte d’Yvan Lamontagne, de La facture

En novembre 2015, Francis Laperle reçoit un appel de sa conjointe, prise de panique, qui lui dit qu’un remorqueur lui a demandé d’arrêter son Nissan Murano au bord de l’autoroute 20 puisque ses roues oscillaient lorsqu’elle roulait et qu’elle aurait pu les perdre.

Pourtant, un mois plus tôt, le concessionnaire Drummondville Nissan a gardé le Murano 2007 de sa conjointe pendant presque une semaine pour faire réparer des trous de corrosion à l’avant du véhicule par un carrossier sous-traitant. Il devait pas la suite l’inspecter et effectuer des retouches antirouille.

De plus, le véhicule a été acheté en 2009 avec une garantie antirouille d’une durée de 12 ans couvrant la perforation due à la rouille. Une inspection annuelle est requise pour qu’elle reste en vigueur. Francis Laperle affirme avoir respecté scrupuleusement les clauses de la garantie.

Après que le remorqueur eut sonné l’alarme, le VUS d’occasion a été inspecté par un mandataire de la SAAQ. Il a conclu que le véhicule ne peut plus circuler sur les routes parce que la rouille a complètement rongé le berceau arrière qui retient la suspension.

Les Laperle se demandent pourquoi Drummondville Nissan n’a pas détecté cette anomalie un mois plus tôt.

Une garantie lucrative

Selon Marie-Annik Grégoire, professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, certains concessionnaires automobiles déploient beaucoup d’efforts pour vendre des garanties antirouille parce que le marché des garanties supplémentaires est très rentable.

« C’est un marché très lucratif. Mais lorsqu’il est temps de respecter le contrat, ils vont trouver des portes de sortie pour ne pas le respecter. Si ça leur coûte cher, ils perdent autant de profit », explique-t-elle.

Dans le cas du VUS des Laperle, La facture a voulu savoir pourquoi le concessionnaire n’a jamais changé la pièce arrière.

Drummondville Nissan a admis qu’il avait commis une erreur.

« Nous n’avons pas entré le véhicule dans l’atelier mécanique [en 2015] pour y faire l’inspection et les retouches d’antirouille, explique dans une correspondance le copropriétaire du concessionnaire, Dave Roy. C’est pourquoi nous n’avons pas pris connaissance que le berceau (ou traverse) arrière devait être remplacé. »

Pour sa part, Francis Laperle a réclamé l’annulation du contrat d’achat, ce qui a été refusé par le concessionnaire puisque le véhicule était réparable.

Drummondville Nissan était prêt à changer la pièce rongée par la rouille, mais, pour les Laperle, le lien de confiance était rompu et ils ont décidé d’entreposer le véhicule.

À la suite de notre demande d’entrevue, le concessionnaire et les Laperle ont conclu une entente en médiation devant la Division des petites créances.

Le concessionnaire a accepté de débourser 6000 $ en dédommagement. Mais selon les Laperle, c’est loin de couvrir tous les frais qu’ils ont dû débourser. Ils soutiennent que les dépenses encourues s'élèvent à environ 10 000$