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Vous n'êtes pas les seuls à offrir et recevoir des cartes-cadeaux

La popularité des cartes-cadeaux, notamment lors de la période des Fêtes, est évidente. Il s'agit d'un marché en explosion de 18 milliards de dollars par année au Canada, selon certains analystes. En fait, ces cartes constituent 40 % des cadeaux offerts.

Elles sont devenues incontournables pour souligner des événements comme le Vendredi fou. De nos jours, rares sont les commerces qui n'en ont pas, précise Léopold Turgeon, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

« Avant, il y avait très, très peu d'offres, dit-il. On était beaucoup dans l'électronique [...] À peu près tous les secteurs : de la SAQ à la pharmacie, aux vêtements, dans la quincaillerie et l'électronique, offrent maintenant » des cartes-cadeaux.

Il en existe trois principaux types : celles des détaillants, celles des institutions financières et celles qu'on utilise en ligne. Ces cartes-cadeaux pour le magasinage en ligne gagnent en popularité, selon l'expert en marketing Paul Lafortune de la firme R3.

Ça commence à prendre un pan de marché fort important : à peu près le quart de tous les consommateurs qui utilisent ces cartes-là.

Paul Lafortune, expert en marketing

Peu importe le type, la carte-cadeau est légalement devenue un formidable outil pour les détaillants. Elles leur permettent notamment d'élargir leur clientèle, selon M. Lafortune qui indique que « 40 % de toutes les cartes qui sont utilisées le sont par des clients qui n’ont jamais visité un magasin. »

Mon commerce favori n’est pas votre commerce favori. Donc, vous y allez, vous expérimentez!

Paul Lafortune, expert en marketing

Pas étonnant donc que certains détaillants, flairant la bonne affaire, ne vendent que ça.

Résultat : en six ans à peine, de 2010 à 2016, la valeur des cartes-cadeaux achetées par les Québécois est passée de 189 millions de dollars à 241 millions de dollars, soit une augmentation de 33 %.

La carte-cadeau est d'autant plus prisée, car elles ne comportent pas de date d'expiration et elle garde toujours sa valeur initiale. Signe des temps, il est même possible d'échanger les cartes-cadeaux sur certains sites.

Des mises en garde

Mais des mises en garde s'imposent. Les cartes d'institutions financières comportent des frais d'activation et d'utilisation. Et celles des détaillants ne vous protègent pas des mauvaises surprises, précise Charles Tanguay, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur.

« Si l'entreprise au complet a fermé ses portes ou a fait faillite, vous pourriez perdre complètement les montants et n'avoir aucun recours, souligne-t-il. C'est le risque et c'est ce qui fait en sorte qu'on recommande aux gens d'utiliser la carte plus rapidement plutôt que trop tard. »

Enfin, gare au solde! On estime que 20 % du montant total d'une carte cadeau émise est inutilisé.

« Les clients oublient le solde de la carte, ils pensent qu'ils l'ont vidée ou bien ils disent : " Ah, ça vaut plus la peine, il ne m'en reste pas assez! " », affirme Parl Lafortune.

Charles Tanguay rappelle que si le solde de la carte est de 5 $ ou moins, le consommateur est en droit d'exiger du commerçant qu'il le lui remette en argent.

Mais trop peu de consommateurs le font. Et les soldes qui dorment au fond d'un tiroir constituent une perte importante. Paul Lafortune estime qu'il s'agit d'environ 21 % de 18 milliards de dollars, soit 1,9 milliard de dollars en perte pour le consommateur.

Si pour certains la carte cadeau est la solution magique, pour d'autres, elle ne remplacera jamais le plaisir de faire l'effort de trouver et d'offrir le présent rêvé.