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Walmart ouvre son commerce en ligne aux distributeurs étrangers

Walmart annonce désormais sur son site de commerce électronique des produits fabriqués en Chine, au Royaume-Uni et au Canada, dérogeant ainsi à sa politique initiale qui visait à n'offrir que des biens fabriqués aux États-Unis.

En recrutant des vendeurs à l'étranger pour agrémenter son offre en ligne, la multinationale risque de s'attirer les foudres de Donald Trump qui dénonçait, pas plus tard qu'à la mi-juillet, « le vol des emplois américains et le drainage de la richesse des États-Unis ».

Le président américain a fait cette déclaration lors du dévoilement des priorités de son administration pour la renégociation imminente de l'Accord de libre-échange nord-américain. Quelques jours plus tard, la Maison-Blanche rapportait les propos de M. Trump édictant « deux règles simples, mais cruciales » à ses concitoyens : « Nous allons acheter américain et embaucher américain. »

Mais le géant fondé en Arkansas répond à d'autres impératifs en invitant depuis février dernier (selon les sources de l'agence Reuters) des distributeurs chinois, britanniques et canadiens à annoncer sur la plateforme de Walmart. La chaîne veut concurrencer plus férocement Amazon, maître incontournable du commerce électronique avec plus de 300 millions de produits offerts en ligne contre 50 millions pour Walmart.com, selon les analystes.

Au terme du premier trimestre de cette année, plus de 10 000 commerçants affichaient en ligne par l'entremise de Walmart, une augmentation significative par rapport aux 400 qui y figuraient à la même période l'an passé. Walmart récolte une fraction des profits tirés des ventes de ces produits vendus et livrés aux clients par des fournisseurs tiers.

Par ailleurs, ce sont les besoins et les désirs des consommateurs américains qui incitent le détaillant à se tourner vers les fournisseurs d'autres pays. C'est que jeans, bicyclettes et produits cosmétiques prisés par la clientèle américaine ne sont pas tous fabriqués en sol américain.

Une « approche mesurée », assure Walmart

En se tournant vers l'extérieur, Walmart conserve une « approche mesurée », selon le vice-président des services partenaires de Walmart, Michael Trembley, qui évalue à moins de 5 % la part des fournisseurs étrangers dans toute l'offre en ligne de l'entreprise.

Ce virage adopté par Walmart est vu d'un mauvais oeil par les fournisseurs américains de la multinationale qui n'ont pas oublié la promesse faite en 2013 par le géant de favoriser les produits fabriqués aux États-Unis. Une promesse qui était destinée aussi à apaiser les syndicats et autres critiques qui reprochaient à Walmart d'avoir une influence néfaste sur le marché de l'emploi en cherchant à tout prix des biens et services à faible coût.

Selon Darius Mir, qui est à la tête d'une entreprise du Tennessee fabriquant des meubles de bureau pour Walmart, le géant du commerce au détail doit donner un coup de pouce à ses fournisseurs basés aux États-Unis. Le PDG de MIA (Made in America) Seating Corp. assure qu'il n'est pas opposé au libre-échange et à la concurrence, mais il suggère à Walmart d'apposer sur les produits offerts en ligne une étiquette « Fabriqué aux États-Unis », lorsque c'est le cas.

Michael Trembley affirme que la multinationale oblige ses fournisseurs étrangers à répondre aux commandes à partir d'un entrepôt sis en sol américain, à recourir à un centre américain pour les retours de marchandises et à disposer d'un service à la clientèle ouvert aux heures ouvrables des États-Unis.

En 2015, Walmart est devenu le seul actionnaire d'un site de commerce virtuel en Chine, Yihaodian, dont il possédait 52 % des actions depuis 2012. Puis, en août 2016, le géant américain du détail a annoncé la conclusion d'une entente pour acquérir Jet.com dans l'espoir de rejoindre des clients plus fortunés et généralement plus jeunes.

De l'avis de Juozas Kaziukenas, fondateur et directeur de Marketplace Pulse, une firme analysant l'évolution du commerce en ligne, Walmart a obtenu un succès mitigé avec ses ventes sur Internet. « Mais en renouvelant son approche, la direction de Walmart tente par tous les moyens de changer cela », dit-il.

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