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Well inc. : Sherweb veut rester à Sherbrooke

Déception, tristesse, colère. Les commerçants du centre-ville de Sherbrooke digèrent mal le retrait du consortium du projet Well inc., mis en branle il y a plus d'un an. Seule consolation : Sherweb, l'une des membres du consortium, a confirmé dimanche à Radio-Canada que sa priorité est de rester à Sherbrooke.

Un texte de Christine Bureau

À l'instar d'autres commerçants, la possibilité que l'entreprise quitte Sherbrooke a effleuré l'esprit d'Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste, quand elle a appris la décision du consortium composé de Sherweb, du Fonds immobilier FTQ et du groupe Custeau de se retirer du projet.

« J'étais très déçue, triste, fâchée. Plein d'émotions en même temps. Pour nous, c'était un super projet », a-t-elle lancé d'emblée. Elle admet que le projet Well inc. n'était pas parfait, mais se dépêche d'ajouter qu'il ne s'agissait pas non plus « d'une fin en soi ». « C'était un départ seulement », insiste-t-elle. « Ça fait 30 ans qu'il ne s'est rien passé au centre-ville. »

Propriétaire de la boutique Glori.us, Jean-François Bédard évoque pour sa part un manque de vision et de leadership dans le dossier. « Je les comprends tellement, la Ville a ri d'eux [le consortium]. J'aurais fait la même chose. Notre maire vient d'en échapper une belle », a-t-il commenté sur sa page Facebook.

Même son de cloche du côté d'Annie Faucher, copropriétaire du Bar Liverpool.

Alexandre Hurtubise, président de l'Association des gens d'affaires du centre-ville, croit pour sa part que le dossier a trop traîné. Le vote du conseil municipal sur ce projet totalisant 75 millions devait avoir lieu le 28 février, soit plus de deux semaines après la fin de l'entente d'exclusivité entre le consortium et la Ville de Sherbrooke.

« Ça montre la relation ou même l'absence de relation qu' il y avait possiblement entre le consortium et le leadership politique. On était dans une ambivalence, un manque de direction », déplore-t-il.

« Un manque de consensus »

Parmi les hypothèses évoquées pour expliquer le retrait du consortium, le chef intérimaire du Renouveau sherbrookois, Vincent Boutin, dénonce lui aussi un manque de leadership dans le dossier. « Ce fiasco-là - je le définis comme ça - démontre qu'il n'y a pas eu de leadership de la part du cabinet de la mairie », dit-il.

Aucun représentant du consortium ni de la mairie n'a encore expliqué les raisons du retrait de l'offre qui était sur la table. Une source proche du dossier affirme cependant que c'est le « manque de consensus politique » qui a mené à cette décision d'affaires. Selon cette source, les élus doivent d'abord débattre et décider ensemble de ce qu'ils veulent pour l'avenir de leur centre-ville avant de poursuivre leurs démarches.

Pour la conseillère municipale Évelyne Beaudin, la nouvelle du retrait du consortium est justement synonyme de nouveau départ.

Elle ne croit pas non plus que le retrait du consortium va effrayer les autres promoteurs intéressés par le quartier Well inc. « Au contraire. On a, en tant que conseil municipal, dévoilé jusqu'où on était prêts à aller et à investir pour la revitalisation du centre-ville. Ça montre aux gens qu'on est sérieux », assure-t-elle.

Un seul autre autre promoteur, Philippe Dusseault d'Immeubles Must urbain, s'est montré intéressé pour l'instant à déposer un projet « Well inc. »