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Zones de pêche fermées : « ça devient extrêmement complexe »

La fermeture d'une autre zone de pêche à cause de l'arrivée de baleines noires complique une situation déjà difficile pour les pêcheurs, selon ces derniers.

Pour protéger au moins deux baleines noires qui ont été aperçues dimanche, Pêches et Océans Canada a annoncé la fermeture à compter de 22 mai d'une autre zone de pêche. Elle est adjacente à la zone d'exclusion établie le 28 avril dans le secteur où la majorité des baleines ont été observées l’an dernier.

Ces mesures ne sont ni efficaces ni fonctionnelles, affirme Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP). Aucune baleine n’a encore été aperçue dans la première zone d’exclusion, dit-il, et la fermeture d’une autre zone est mal accueillie.

Les pêcheurs doivent retirer leur équipement qui se trouve dans la nouvelle zone d’exclusion. La pêche va donc s’intensifier ailleurs, indique Steven Hughes, pêcheur de Lamèque.

« Il n’y a nulle autre place où aller que venir sur les terrains déjà occupés par d’autres pêcheurs. Puis, déjà, les zones de pêche qui restent sont plus achalandées que d’habitude. L’effort de pêche sur les zones déjà occupées a déjà augmenté comparativement aux années d’avant », affirme Steven Hughes.

Comme il s’agit de la première saison durant laquelle les autorités ferment des zones de pêches pour protéger les baleines, Jean Lanteigne espère que tous les intervenants en tirent des leçons pour les prochaines années.

« Toute l’industrie apprend à s’adapter à ça. [...] Comment peut-on vivre de ces expériences et organiser quelque chose qui fait que la pêche a lieu et qu’on ne nuise pas à ces mammifères marins? », s’interroge Jean Lanteigne.

Quant à la saisie récente de casiers dans la première zone d'exclusion par des agents du ministère des Pêches et des Océans, la FRAPP encourage ses membres à respecter les règlements.

« On trouve que c’est désolant qu’il y ait des pêcheurs qui ne respectent pas la loi, ajoute Jean Lanteigne. Démocratiquement, on est capable de faire valoir nos arguments, on est capable d’utiliser d’autres moyens. Il faut arriver à trouver des solutions, mais ce n’est pas en ne respectant pas la loi qu’on va accomplir quelque chose. Ça, vraiment, c’est inacceptable. »

Au moins 18 baleines noires sont mortes dans les eaux canadiennes et américaines l’an dernier. Les scientifiques qui ont fait l'autopsie de carcasses ont conclu que plusieurs d'entre elles sont mortes empêtrées dans de l’équipement de pêche ou heurtées par des navires.

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