L'Halloween s’en vient! D’ici quelques jours, des milliers de petits (et grands) monstres déambuleront dans les rues de toutes les villes du Québec afin de venir quêter des bonbons à nos portes. Certains mettront le paquet dans la décoration afin d’avoir LA maison la plus festive du quartier, soit par esprit de compétition ou simplement car ils adorent célébrer la fête des morts (et que dire de leur déco décadente de Noël... mais ça c'est un autre sujet!). Même si l’Halloween est une belle occasion de voir d'adorables petits bouts de chou dans des costumes trop mignons, ou de simplement s’amuser à se déguiser nous-mêmes comme adultes, il arrive parfois qu’on n’ait pas le cœur à la fête, qu’on refuse de répondre à la porte le soir du 31 octobre pour avoir la paix ou qu’on n'accepte simplement les invitations aux soirées costumées. Et vous savez quoi? C’est ben correct.  

Il y a plein de raisons de ne pas avoir envie de faire la distribution de bonbons ou de se magasiner un costume. Pour certains, c’est une question de logistique. Par exemple, si vous habitez dans un immeuble à logements en plein centre-ville, vous ne pourrez probablement pas décorer votre chez-vous ou faire la distribution aussi facilement que si vous étiez dans une maison en banlieue ou dans un village.

Puis, il y a la pression d’avoir LE costume parfait. Parce que non seulement on a tendance à compétionner avec les gens autour de nous pour avoir le meilleur déguisement, mais on doit aussi se surpasser nous-mêmes en étant plus amusant, ingénieux et originale d’année en année. On y réfléchit et on juge négativement nos propres costumes, quand ce n’est pas celui des autres : trop / pas assez sexy, pas assez cool, trop cher, peu flatteur : pas facile de trouver le costume de nos rêves sans se faire juger ou sans trop gaspiller d’argent là-dessus. Parce que le problème est souvent qu’on cherche à plaire à tout prix, même en se déguisant en zombie!

Heureusement, certains n’ont pas peur de se mouiller et l’idée de se déguiser ne leur cause aucune pression, juste du plaisir. Ces gens au cœur d’enfant ont tout mon respect! Mais il faut aussi accepter qu’on n’ait peut-être pas envie de se mettre une pression supplémentaire avec une fête fondamentalement commerciale.

Quand on arrête de se déguiser pour l'Halloween, est-ce qu'on a atteint un point de non-retour dans lequel on dit officiellement au revoir à notre coeur d'enfant? Je ne crois pas! Et si à l'Halloween, on enlevait notre costume habituel au lieu de s'en rajouter une couche avec un déguisement supplémentaire? Et si on allait cogner aux portes en étant plus soi-même que jamais, est-ce que ça passerait? 

Se donner le droit d’être le fun à l’année longue

C’est comme si on avait inventé l’Halloween comme soupape pour enfin s’amuser à être autre chose que ce à quoi on s'attend de nous d'habitude. Pendant cette période, on s’est autorisé comme société et comme individu le droit d’être différent. Parce que personne ne veut avoir le malheur d’avoir le même costume que quelqu’un d’autre du groupe. Chaque année, des thèmes populaires font surface et reflètent l’air du temps : les personnages fictifs les plus aimés, les personnalités publiques qui font jaser, les clins d’œil à l’actualité. En 2012, une amie s’était déguisée en l’ouragan Sandy. Ce genre d’éclair de génie est ce qui, selon moi, fait la beauté d’une fête comme l’Halloween.

J’adore les déguisements, mais je n’ai jamais vraiment un bon timing, car la fièvre de l’Halloween m'envahit habituellement le 1er novembre, ou peut-être même le 5 avril. J’ai toujours beaucoup de plaisir à voir les idées que les gens ont eues, et je suis contente de voir que même si moi je ne suis pas super motivée cette année, d’autres me mettent un sourire sur leur visage avec leurs concepts parfois brillants. Et même ceux qui ont des costumes moins originaux, je leur lève mon chapeau. Mais j’aimerais aussi ne pas avoir à culpabiliser si ça ne me tente pas d’embarquer dans cette pression sociale de métamorphose d’un jour, et je m’auto-donne une tape dans le dos d’être fidèle à mes envies de ne pas faire partie de la fête à ce moment précis sur le calendrier.

Je me questionne parfois à savoir pourquoi on se réserve une seule journée par année où lâcher notre fou, alors que le restant de l’année, on fait tout pour avoir l’air le plus normal possible? Dans un sens, on a trouvé la manière la plus conformiste possible de se déguiser : tous en même temps, entre 16h et 21h le 31 octobre. (Ou, bien sûr, la fin de semaine qui précède l’Halloween pour les adultes qui font des fêtes d’amis ou qui sortent dans les bars.)

Si quelqu’un décide de s’habiller en vampire ou en toast au beurre de pinotte en plein milieu de juillet, tout le monde va se dire qu’il a perdu la carte et d'aller voir un psy. Mais si on ajoutait un peu de fantaisie à notre quotidien sans avoir à sortir l’arsenal complet de maquillage d’horreur, est-ce que ça nous ferait du bien au moral? Un petit accessoire qui fait sourire, un t-shirt ridicule, ou un clin d’oeil à un personnage célèbre dans notre look : s’amuser devrait se faire au quotidien.

C’est sûr que d’arriver déguisé en mort vivant au brunch de Noël pourrait faire sursauter vos proches et tout le monde dans le restaurant. Mais juste être moins prévisible un peu à chaque jour, pourquoi pas? Être plus soi-même 365 jours par année, peu importe nos vêtements et perruques, ça ferait du bien à tout le monde qui auraient l'audace de le faire. 

 


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