Une jeune artiste de rue est en train de tapisser Montréal de ses oeuvres, une activité qu’elle qualifie de « vandalisme artistique » qui fait un joli pied de nez à la pub conventionnelle.

MissMe, le pseudonyme de l’artiste, signifie, au choix, « Mademoiselle Moi » ou « Ennuyez-vous de moi » et le mot, à une lettre près, ressemble à KissMe.

MissMe. Crédit photo: MissMe

MissMe était, dans une autre vie, directrice artistique dans une boîte de pub. Elle gagnait très bien sa vie et fréquentait les meilleurs restaurants, jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que son travail l’éloignait de ses valeurs et de ce qu’elle voulait faire de sa vie.

L'art de créer des icônes troublantes

Sa quête d’authenticité et de libération l'a amenée à croire que sortir la nuit pour partager son art sur les murs de la ville, sans demander la permission à personne était la meilleure façon d’afficher sa liberté, puisque la meilleure façon de créer, c’est de ne rien faire selon les règles ou les attentes de la société.

Ça s’appelle inventer, et MissMe s'est mise à inventer un univers d’icônes qui viennent nous toucher jusqu’au plus intime de nous. Surtout les femmes, et ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'artiste.

Les filles comprennent tout de suite (mes images), a-t-elle déclaré dans une entrevue à la CBC. (voir à la fin du texte) Ça me rend heureuse, a-t-elle conclu, parce que ça veut dire que j’ai réussi à communiquer.

Honnêtement, a-t-elle continué, 95 % des hommes ne comprennent pas. Beaucoup aiment ça, trouvent ça joli, drôle, bizarre, accrocheur. Toutes les femmes que je connais ou qui m’ont parlé (de mes images) me disent à quel point ça les touche. Elles ont l’impression d’être devant une partie d’elles-mêmes.

La Vierge Marie selon MissMe

"L'histoire d'une famille de réfugiés du Moyen-Orient" (The Story of a Refugee Family from the Middle East)  est le titre d'une oeuvre de MissMe où l’on voit une femme qui ressemble à l'idée qu'on se fait d'une réfugiée, ce que valide le titre posée sur l'affiche. En bas, les premières paroles du chant de Noël chrétien Holy Night, Sainte Nuit, nous rappellent que la définition de réfugiée du Moyen-Orient convient parfaitement à ce qu'a vécu la maman de Jésus.

Crédit photo: MissMe

Se découvrir, mais autrement

Une autre oeuvre de MissMe "Une femme fière et franche", la montre nue et masquée, coiffée des oreilles de souris qui est sa marque d'artiste de la rue, levant son chandail pour dévoiler ses seins selon diverses variantes.

 

Crédit photos: MissMe

Propriétaire de son corps et de sa sexualité

Ce qui est important pour moi, c’est que la pose n’est pas une pose de séduction, a déclaré MissMe au sujet de cette image de femme nue et masquée. C’est la pose de celle qui est propriétaire de son corps et de sa sexualité.

L’importance du look, les façons d’être féminines, c’est quelque chose qui va très loin dans l’estime de soi, dit-elle dans cette même entrevue. Je crois que c'est utilisé pour nous garder en bas. Ça me frustre.

Mon travail est ma façon d’apporter un nouveau point de vue. Je suis dans une quête personnelle pour être plus moi-même.

Découvrez l’univers de MissMe sur son site.

L'entrevue de la CBC (en anglais)

(Source)

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