Depuis quelques temps, on entend l’expression « zéro déchet » un peu partout. En gros, c'est une stratégie de réduction de la quantité de déchets qu'on produit via diverses astuces, comme la réutilisation d'objets pour leur donner une plus longue vie. 

Tout a commencé par quelques épiceries zéro déchet qui sont apparues dans les dernières années à Montréal. Au début, plusieurs d'entre nous ne comprenaient pas. On se disait : Quoi! Comme si ce n’était pas assez d’amener nos sacs au supermarché, là il faut qu’on apporte aussi nos contenants!

La paresseuse en moi capotait. Finie, l'époque de l'insouciance. 

Depuis, les journaux regorgent de nouvelles qui nous annoncent que les animaux marins mangent régulièrement des déchets en voguant à leurs occupations entre deux continents de plastique. C'est ce qu'on appelle, en bon français, un wake up call

Quand on se rend compte qu’il y aura dans les prochaines années plus de morceaux de plastique que de poissons dans l'océan, on se demande vraiment à quel point on peut laisser la chaîne alimentaire se plastifier sans broncher. Disons que tout ça ne nous donne pas vraiment envie de manger un fish ‘n chips

Zéro déchet, peut-être pas, mais moins de déchets, c'est possible?

Je ne crois pas que ce soit réaliste d'imaginer que le peuple québécois en entier va commencer à vivre comme des vrais granos. Je veux dire, ma tante Francine ne va pas arrêter d'aller chez Costco. Magasiner donne un sens à sa vie quand elle n'est pas au boulot. C'est triste un peu, mais c'est de même. Tant qu'il y aura des tantes Francine, il y aura des centres d'achats à grande surface où on peut tout acheter en gros parce que ça coûte moins cher. 

Sans virer complètement vert et dire adieu à la consommation, l’idée, c’est de réduire la production inutile de déchets. Ou devrais-je dire, la surproduction de déchets! Il faudrait que chaque citoyen réalise qu'on n'a pas besoin de se mettre au macramé pour réduire notre empreinte écologique. Les gens ordinaires ont le pouvoir de faire une différence, même si on sait tous que sans la collaboration des industries et des gouvernements, la tâche est gargantuesque. Mais ce n'est pas une raison de rester les bras croisés en attendant la prochaine catastrophe écologique non plus. 

Pourquoi achète-t-on des fruits enveloppés dans plusieurs couches d'emballage? Ça m’est déjà arrivé d’acheter des fruits déjà coupés dans un contenant de plastique. Pas parce que de couper un ananas et d’enlever la pelure est une mission très difficile, mais plutôt parce que le produit était offert à un prix raisonnable dans un beau présentoir réfrigéré. Sans trop y penser, je l'achetais. La facilité, l’apparence d’hygiène, ce sont toutes des choses que j’ai apprises à apprécier en évoluant dans le monde moderne. Mais est-ce que le monde moderne va se retourner contre nous, comme le Docteur Frankenstein et le monstre qu’il a créé?

Peut-on faire un effort sans recommencer à vivre comme des hommes de Cro-Magnon? Je pense que oui, si on le veut bien. 

Le zéro déchet pour les nuls

L’information, c’est le pouvoir. Apprendre des options alternatives, c’est nous permettre de décider ce qu’on achète et ce qu’on fait nous-mêmes. 

Vous voulez des exemples? Le hummus! Cette trempette de pois chiche est devenue extra populaire dans les dernières années. On en retrouve à presque toutes les saveurs imaginables dans un petit pot de plastique. Mais saviez-vous que de faire son propre hummus est très simple, peu coûteux, et sans production de déchets? Non seulement on saurait un peu plus dans quoi exactement on trempe nos carottes (puisque ce serait notre propre recette) mais en plus, on aurait un produit frais et pas cher! Sans oublier les quelques contenants en moins à déposer dans notre bac à recyclage. Imaginez ce petit geste, mais à grande échelle, et sur plusieurs produits qu’on utilise au quotidien.

On n’est pas obligés non plus de tout fabriquer nous-mêmes comme des experts du DIY. Il existe désormais des barres de shampoing qui ne nécessitent pas de bouteilles. Si tout le monde utilisait ça, il y aurait des centaines de millions de bouteilles de shampoing à chaque année dans le monde qui n’auraient pas besoin de finir dans notre recyclage à chaque semaine. Parce que... je sais pas pour vous, mais moi je ne sais toujours pas où se rendent les matières recyclables après qu’on les ait déposées sur le bord du chemin.

Cesser de polluer nous fait peur

Le changement, ça peut faire peur. N'ayez crainte, vous pouvez continuer d'acheter tous les produits suremballés du supermarché si vous le désirez, même si la voisine décide de prendre le virage zéro déchet. Chacun son rythme. 

Il n'est pas nécessaire de déchirer sa chemise, donc. Surtout que votre chemise pourrait être transformée en une petite camisole, avec un peu de débrouillardise et une machine à coudre. Le gaspillage, c'est le luxe d'une autre époque.

L'avenir sera-t-il zéro déchet?

La vérité est que je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais il m'inquiète quand je tente de visualiser la quantité de déchets qui existent, enfouis sous la terre, qui traînent sur la terre ou qui flottent dans nos cours d’eau. Je ne crois pas que l'hystérie soit la solution, mais il faut prendre la situation au sérieux. 

Je doute que comme société, on possède le courage et la vaillance de stopper la destruction de l’environnement en sacrifiant notre confort. Mais je crois quand même que si on essayait de prendre conscience des traces qu’on laisse sur notre chemin, on aurait au moins le mérite d’avoir tenté de comprendre l’impact qu’on a sur le monde qui nous entoure.

Est-ce qu'on est vraiment trop dans l'jus pour réduire nos poubelles? Un peu, mais pas tant. Il y a matière a amélioration pour chacun d'entre nous. Après tout, on trouve bien le temps de polluer, alors comment pourrait-on trouver le temps de moins polluer?

On se vante depuis des siècles que notre intelligence nous sépare du reste du règne animal. Il faudrait s’assurer que l’espèce la plus intelligente ne soit pas celle qui agit de la manière la plus idiote, non?


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