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10 choses à savoir sur l’investiture de Donald Trump

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, prend officiellement le pouvoir le 20 janvier à Washington, comme le veut la tradition. Il devra se prêter à une série de rituels qui ont bien changé depuis la première investiture en 1789. Survol de ce que vous devez savoir.

Un texte de Danielle Beaudoin

1. Cela ne s'est pas toujours passé le 20 janvier

Le premier président des États-Unis, George Washington, devait prêter serment le 4 mars 1789, le jour où la Constitution entrait en vigueur. Or, un hiver particulièrement rigoureux a retardé le comptage des votes, et la cérémonie d’investiture a finalement eu lieu le 30 avril 1789.Par la suite, et jusqu’en 1937, les présidents suivants ont été assermentés le 4 mars. Le 20e amendement de la Constitution, adopté en 1933, a raccourci la période de transition entre l’élection et l’entrée en fonction du président. Donc, à partir de 1937, les présidents ont prêté serment le 20 janvier. Mais il y a eu des exceptions à la règle :

  • Quand la date d’investiture tombe un dimanche, le président est assermenté en privé le jour même, et la cérémonie publique est reportée au lendemain.
  • Quand un président meurt pendant son mandat, l’assermentation du vice-président se fait d’urgence.

2. Cela ne s'est pas toujours passé à Washington

George Washington a prêté serment à New York en 1789. Par la suite, les cérémonies d’investiture ont eu lieu dans la capitale de l’époque, Philadelphie. En 1800, le siège du gouvernement a été transféré à Washington, et depuis ce temps, les assermentations se déroulent dans cette ville, au Capitole. Exceptions à la règle : les prestations de serment organisées subitement à la suite de la mort d’un président.

3. Se tromper en prêtant serment

Le 20 janvier 2009, Barack Obama a mal récité son serment d’investiture. Il a été induit en erreur par le président de la Cour suprême, John Roberts, qui a mal cité le texte solennel prévu par la Constitution américaine. Le mot « fidèlement » aurait dû aller tout de suite après le mot « remplir » dans le serment prononcé par Obama ce jour-là : « Moi, Barack Hussein Obama, je jure solennellement de remplir les fonctions de président des États-Unis fidèlement, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis. »

Par précaution, le président Obama a prêté serment une deuxième fois le lendemain à la Maison-Blanche.Lyndon B. Johnson a fait pire lorsqu’il a été assermenté vice-président le 20 janvier 1961, lors de la cérémonie d’investiture du président John F. Kennedy. Au lieu de dire : « sans aucune réserve intellectuelle ni esprit de m’en distraire », il a dit : « sans aucune réserve intellectuelle que ce soit. » Il n'a cependant pas prêté serment une seconde fois.

4. Le passage de flambeau

Plusieurs rituels marquent la passation du pouvoir, le jour de l’assermentation. Le président sortant et le président désigné se rencontrent brièvement à la Maison-Blanche en matinée. Ensuite, ils se rendent ensemble au Capitole pour la prestation de serment. Tout de suite après l’assermentation, le président sortant et sa femme quittent les lieux en hélicoptère, si le temps le permet.

Alors que la cérémonie a lieu au Capitole, le personnel de la Maison-Blanche travaille d’arrache-pied pour assurer la transition. En effet, si le président sortant se réveille à la Maison-Blanche le matin, le nouveau président y dort le soir, et tout doit être prêt pour l’arrivée du nouveau locataire.

5. La présence des ex

Comme le veut la tradition, les anciens présidents encore en vie assistent à la cérémonie d’investiture de celui qui vient d'être élu. Ainsi, le 20 janvier, Jimmy Carter, George W. Bush, Bill Clinton et, bien sûr, Barack Obama seront au Capitole. Seul George H. W. Bush père, âgé de 92 ans, ne participera pas à l’assermentation, en raison de problèmes de santé.

6. Les discours les plus marquants

Avec le discours d'investiture, le nouveau président présente habituellement sa vision de l’Amérique et les objectifs de son mandat.

Le discours le plus court de l’histoire, 135 mots, a été prononcé par George Washington, lors de son assemtnation pour son second mandat, le 4 mars 1793. Le plus long, avec 8495 mots, l'a été par William Henry Harrisson, le 4 mars 1841. Ce dernier a parlé pendant près de deux heures, sans manteau ni chapeau, en pleine tempête de neige. Il est mort peu de temps après, et on a longtemps cru que c’était parce qu’il avait pris froid ce jour-là. Les historiens modernes croient plutôt qu’il est mort après avoir bu l’eau contaminée par les égouts à la Maison-Blanche.Parmi les discours les plus marquants, celui d’Abraham Lincoln. En 1865, il a exhorté les Américains, déchirés par la guerre civile, à considérer l’avenir « sans malveillance envers quiconque, avec charité pour tous ».En 1933, Franklin Delano Roosevelt a dit aux Américains ébranlés par la Grande Dépression : « La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même. »Quant à John F. Kennedy, il a lancé à ses concitoyens en 1961 cette phrase devenue historique : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

7. La plume derrière le discours de Trump

Le président désigné Donald Trump a indiqué avoir rédigé lui-même un premier jet de son discours d'investiture. Il a choisi le Californien Stephen Miller pour l'aider à écrire cette allocution. L'homme dans la trentaine ans est l’auteur habituel des allocutions de Donald Trump. Il a notamment écrit le discours controversé du candidat républicain à la convention de juillet dernier, dans lequel il dressait un portrait très sombre de l’Amérique moderne.

Bien des experts pensent que Donald Trump va reprendre cet angle dans son discours du 20 janvier, comme l’avait fait le président Ronald Reagan en 1981. Toutefois, toujours d’après les experts, le constat noir de l’état de la nation sera suivi d’un appel à l’unité pour venir à bout des maux qui touchent l’Amérique.

Les présidents américains utilisent généralement des rédacteurs pour écrire leur discours d'investiture. Certains l'ont rédigé eux-mêmes, comme Abraham Lincoln.

8. Des défilés toujours plus extravagants

Le défilé se déroule sur 3 km, avenue Pennsylvania, du Capitole à la Maison-Blanche. Habituellement, le président et le vice-président prennent la tête de la procession. Ils se rendent devant la Maison-Blanche, où est installée la tribune présidentielle. Le président et sa femme y passent en revue le reste du cortège derrière une vitre blindée.Plus de 8000 personnes participent cette fois-ci à la parade, dont des membres des forces armées, des vétérans et des fanfares scolaires. C’est moins qu’en 2009, où 10 000 personnes ont défilé pour l’assermentation de Barack Obama. La palme revient toutefois à la procession de Dwight D. Eisenhower, en 1953. Quelque 25 000 participants, 73 fanfares, 59 chariots, des chevaux et des éléphants ont alors défilé pendant plus de quatre heures.

Le rituel du défilé existe depuis la toute première investiture en 1789. Il a pris de l’importance au fil des ans. Les Afro-Américains ont participé au cortège pour la première fois en 1865, lors de l’investiture de Lincoln. Quant aux femmes, elles y ont été autorisées en 1917, lors de l’assermentation de Wilson.Le président Warren G. Harding est le premier à avoir roulé en voiture lors de la procession en 1921. Le défilé a été télévisé pour la première fois en 1949, lors de l’investiture de Harry S. Truman.

9. Beau temps mauvais temps

Le record de chaleur a été atteint lors de l’investiture de Ronald Reagan, en 1981. Il faisait 12 degrés Celsius à Washington ce jour-là. Le record de froid a aussi été atteint sous Reagan, quatre ans plus tard. Il faisait -14 degrés Celsius à midi. L’assermentation a finalement eu lieu à l’intérieur du Capitole.D’autres présidents ont subi le mauvais temps. Le 4 mars 1853, lors de l’investiture de Franklin Pierce, il neigeait tellement que les gens ont quitté les lieux. Le 3 mars 1909, la veille de l’assermentation du président William H. Taft, un blizzard a enneigé la ville. Quelque 6000 personnes ont travaillé toute la nuit pour déblayer le parcours du défilé.

10. Une orgie de bals

La tradition remonte à 1809, lorsque la Première Dame Dolley Madison a organisé un gala à Washington pour l’investiture de son mari, James Madison. Elle a reçu 400 personnes, qui ont payé chacune 4 $ pour assister à l’événement. Par la suite, le nombre de bals a fluctué au gré des investitures.

Bill Clinton arrive en tête avec 14 bals, lors de sa deuxième assermentation en 1997. Barack Obama a assisté à 10 bals lors de sa première investiture en 2009. Quant à Donald Trump, il doit participer à trois bals.

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