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10 choses qui ont changé depuis le 11 septembre 2001

Quinze ans ont passé depuis la pire attaque terroriste de l'histoire des États-Unis. Les attaques sur le World Trade Center et le Pentagone ont fait 2977 morts... et le monde continue d'en subir les conséquences. Voici 10 choses qui ont changé depuis cet attentat ancré dans nos mémoires.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Charles-Philippe David, de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, Nicolas Hénin, un journaliste français qui a été retenu en otage par le groupe armé État islamique (EI), Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale, Stéphane Berthomet, codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent, et Rachida Azdouz, psychologue et spécialiste en relations interculturelles, de l'Université de Montréal, ont parlé de ces nombreux changements à l'émission 24/60.

1. L'attentat à New York a inauguré une nouvelle ère

« Le 11 Septembre a été un moment fondateur, le début d'une nouvelle époque. On le voit même dans les discours utilisés au cours des attentats depuis. On dit : "Ça ne sera plus jamais comme avant" », illustre le journaliste Nicolas Hénin.

Ça a aussi été le début d'une guerre de longue haleine entre l'Occident et les groupes djihadistes (Al-Qaïda, puis le groupe armé État islamique), croit Nicolas Hénin. Vaincre le terrorisme est un défi sérieux et ambitieux. Ainsi, la bataille sera de longue haleine, affirme M. Hénin, qui ajoute que les pays occidentaux doivent s'attendre à subir d'autres attaques terroristes au cours des prochaines années.

2. Le nombre d'attentats est en forte augmentation

Entre 2000 et 2014, il y a eu 61 000 attaques terroristes qui ont fait 140 000 morts. De plus, ces attentats visent de plus en plus les civils de façon indiscriminée, dit Charles-Philippe David.

« Auparavant, les attaques visaient davantage les symboles politiques, judiciaires et policiers », explique-t-il.

Et c'est d'ailleurs cette peur omniprésente d'un attentat qui a poussé de nombreux politiciens à prendre des mesures sévères de répression et de sécurité.

3. Le terrorisme est devenu l'enjeu politique numéro un

La sécurité est maintenant une préoccupation majeure et prioritaire pour les gouvernements américain, européen et canadien, dit Charles-Philippe David. « Personne ne parlait de sécurité intérieure avant 2001. Et pourtant, il y avait également eu des attentats dans les années 70, 80 et 90 », rappelle-t-il.

En plus des nombreuses interventions militaires dans plusieurs pays du Moyen-Orient, on peut penser à l'adoption de lois plus restrictives et de mesures de sécurité accrues aux aéroports et aux frontières. Toutefois, les décisions politiques de certains dirigeants occidentaux ont plutôt aidé à créer des conditions plus propices à la montée du terrorisme.

Le 11 septembre 2001, 15 ans plus tard

4. Il y a plus de communication et de collaboration entre les forces de l'ordre

Les attentats du 11 Septembre ont dévoilé une faille importante exploitée par les terroristes : le manque de communication entre les différents organismes et agences de sécurité. « Très rapidement, après le 11 Septembre, on a mis de l'ordre dans les organismes, on a créé de nouveaux départements, comme le Homeland Security », explique Stéphane Berthomet.

Ces nouvelles couches de forces de l'ordre ont réussi dans certains cas à déjouer certains attentats. Mais le manque de communication continue d'être soulevé après les divers attentats qui ont été perpétrés depuis le 11 Septembre.

5. Des guerres subséquentes ont eu des conséquences fâcheuses

La réaction au 11 Septembre - soit l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, l'ouverture de la prison de Guantanamo, la traque pour capturer et tuer Oussama Ben Laden - « a probablement constitué la pire erreur des États-Unis, au-delà de celle commise lors de la guerre du Vietnam, dit Charles-Philippe David. C'était des réactions paranoïaques et exagérées. »

L'administration américaine a carrément échoué dans son objectif, soit de punir les auteurs du 11 Septembre et s'assurer que ça ne se reproduira pas, ajoute Nicolas Hénin.

Stéphane Berthomet précise que plusieurs pays occidentaux ont sous-estimé les conséquences à moyen et à long terme de leurs actions en Irak et en Afghanistan. « Elles ont engendré encore plus de terrorisme, pas moins. Les États-Unis se sont tirés dans le pied. »

6. Des décisions politiques ont alimenté les groupes terroristes

Les « choix désastreux » des États-Unis et des autres pays qui ont choisi de se joindre aux actions militaires en Irak et en Afghanistan ont créé des conditions plus propices au terrorisme. « Ces décisions ont posé les pierres du fondement de l'état terroriste que l'on connaît aujourd'hui », estime Nicolas Hénin.

7. Il y a prolifération de combattants étrangers

Avant le 11 Septembre, le phénomène des combattants étrangers était somme toute assez marginal. « On parlait de quelques centaines » pour tous les conflits dans le monde, dit Nicolas Hénin. « Aujourd'hui, c'est un phénomène d'ampleur inédite. » Le nombre croissant de combattants étrangers représente un risque pour la sécurité dans les pays occidentaux, ajoute M. Hénin.

8. Les barrières se multiplient en Europe

« C'est étrange à dire, mais on n'a jamais eu autant de murs érigés en Europe depuis la chute de Berlin », dit Charles-Philippe David. Certaines barrières ont été construites pour des raisons de sécurité, d'autres ont été construites pour arrêter le flot de migrants qui fuient la violence de l'EI dans leurs pays.

Par ailleurs, si les pays occidentaux avaient agi avec autant de force pour freiner les atrocités du régime syrien, comme ils l'avaient fait après le 11 Septembre, « est-ce qu'on aurait vu autant de migrants quitter leur pays? », demande M. David.

9. On assiste à une montée de la xénophobie

Le 11 Septembre a exacerbé les différents modèles de vivre ensemble, dit Rachida Azdouz. La crainte de l'islamisme radical a augmenté la présence de mouvements xénophobes dans le monde. Entre autres, les immigrants, nouvellement arrivés ou établis dans leur pays d'accueil depuis longtemps, ont été « pris en otage » par ces peurs, illustre Mme Azdouz.

Même la politique américaine a été influencée par des sentiments de xénophobie, dit Charles-Philippe David. « Ça s'incarne dans le discours de Donald Trump. »

10. Des dépenses considérables, mais peu productives ont été engagées

Selon Michel Juneau-Katsuya, les États-Unis ont dépensé plus de 7000 milliards de dollars américains pour la sécurité. « C'est aberrant, ça dépasse l'imagination. En plus, la population ne se sent pas plus en sécurité », déplore-t-il.

M. Juneau-Katsuya et Stéphane Berthomet croient que les gouvernements, y compris le gouvernement canadien, ont consenti des budgets trop importants pour les mesures de répression (ajout de nouvelles lois, plus d'armes et d'outils pour les forces de l'ordre). « Il n'y a eu aucun travail de prévention », disent-ils.

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