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11 princes et des dizaines d'hommes politiques arrêtés en Arabie saoudite

Une nouvelle commission de lutte contre la corruption en Arabie saoudite a arrêté samedi soir 11 princes, des dizaines d'anciens ministres et 4 toujours en fonction, selon la chaîne de télévision Al-Arabiya.

Les autorités ont qualifié cette opération de « décisive », alors qu'un porte-parole de la royauté aurait indiqué qu'il s'agit « d'un jour historique, mais noir contre la corruption ».

Cette véritable purge a mené à l'emprisonnement de dizaines d'hommes politiques influents, dont le milliardaire saoudien Alwalid ben Talal.

La commission anticorruption a été créée samedi, seulement quelques heures avant ces arrestations. Celle-ci est présidée par le puissant prince héritier Mohammed Ben Salmane.

Dès l’annonce de la mise en place de la commission, le roi Salmane Ben Abdelaziz, 81 ans, a annoncé ses couleurs en indiquant que tous ceux qui s’étaient servis des fonds publics pour leurs intérêts personnels allaient « payer ».

L'initiative vise à « préserver l'argent public, punir les personnes corrompues et ceux qui profitent de leur position », a précisé l'agence de presse officielle du pays, SPA.

La commission a, entre autres, des pouvoirs d’arrestation et de gel des comptes.

Le prince héritier, qui contrôle l’ensemble de l’appareil gouvernemental, semble vouloir venir à bout du mécontentement et des contestations internes qui font rage, avant que son père ne lui cède le pouvoir officiellement.

Il est aussi derrière une vague d'arrestations, en septembre, de dissidents, dont des religieux influents et des intellectuels.

Grands bouleversements

Il y a quelques jours, le prince héritier a promis de transformer l’Arabie saoudite en un pays « modéré », en rupture avec l'image d'un royaume longtemps considéré comme l'exportateur du wahhabisme qui nourrit beaucoup d’islamistes et de groupes intégristes à travers le monde.

Mohammed Ben Salmane s’est fait notamment remarquer après avoir lancé des réformes, dont le droit de conduire pour les femmes et l’ouverture des salles de cinéma.

Des gestes jamais vus, qui constituent une véritable gifle pour les religieux conservateurs.

Dès l'année 2015, alors qu'il est d'abord nommé vice-prince héritier, il propose un programme de réformes économiques. Le projet innovateur a pour but de diversifier l'économie de l'Arabie saoudite, dépendante en bonne partie de l'exportation du pétrole.

Le prince héritier a une influence importante sur son père, le roi saoudien.

En très peu de temps, il a réussi à obtenir une part décisionnelle impressionnante et a acquis une réputation mondiale en tant que réformiste et progressiste.

Selon plusieurs, ce dernier coup permet à Mohammed Ben Salmane de resserrer son emprise sur le pouvoir et d'affaiblir ses adversaires.

Répercussions économiques

L'arrestation du prince Alwalid ben Talal, dont le patrimoine net est estimé à 17 milliards de dollars, pourrait avoir un impact financier important.

L'homme d'affaires a de multiples investissements partout à travers le monde. Il possède d'importantes parts de compagnies comme Citigroup, Time Warner ou encore Twitter.

La société d'investissement du prince, Kingdom Holding, a perdu 7,6 % à la bourse dimanche. Les banques ont toutefois fini en hausse pour la plupart.

La bourse du pays a elle aussi terminé en hausse dimanche, quoiqu'elle ait été légèrement ébranlée par l'annonce de cette importante purge.

Selon plusieurs économistes, les effets de l'arrestation de plusieurs figures importantes de l'économie saoudienne ne vont pas tarder à se faire sentir.

« Le secteur privé risque de prendre peur et la fuite des capitaux pourrait être encore plus forte qu'avant. En outre, la plupart des bureaucrates vont être terrifiés, peut-être à juste titre », avance le professeur à l'Université de Princeton, Bernar Haykel.

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