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12 arrestations dans une opération contre une entreprise de remorquage

Une centaine de policiers de Montréal ont procédé à 12 arrestations et 3 perquisitions dans le cadre d'une opération contre l'entreprise Accès Remorquage menée à Laval, à Saint-Jérôme et à Montréal. Sept remorqueuses ont été saisies.

L'entreprise en question fait affaire avec des commerces du nord de la métropole. Des gens qui laissaient leur voiture dans le stationnement d'un commerce, tout en allant dans un autre magasin, se faisaient rapidement remorquer.

Des employés d'Accès Remorquage auraient exigé d'être payés sur-le-champ, sans quoi ils auraient refusé de donner l'emplacement du véhicule ou menacé de le déplacer à un autre endroit, ce qui aurait eu pour effet d'augmenter la facture. À plusieurs reprises, ils auraient réclamé des frais de remorquage supérieurs au maximum prévu.

Certains se seraient livrés à des gestes d'intimidation contre les propriétaires des véhicules, voire à des actes violents.

« Si on est en infraction, la compagnie de remorquage a le droit de remorquer notre véhicule, explique l'inspecteur André Durocher, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Ce qu’elle n’a pas le droit de faire, c’est d’exiger des frais pour savoir où est notre véhicule et également, comme ça arrive parfois, vous sortez et la personne est en train d’attacher votre véhicule pour le remorquer. Dans des cas, ils disaient : "vous allez payer, sinon [...]". Ils n’ont pas le droit de faire ça. »

Les personnes arrêtées, connues des policiers, feront face à des accusations de vol, de fraude, d'extorsion, de complot et d'agression armée.

Les Services partagés enquêtes de la Division Nord et le Module des produits de la criminalité du SPVM ont pris part à cette opération à Montréal et dans la grande région métropolitaine. L'enquête a débuté à l'automne 2016 et a permis d'établir des liens entre une cinquantaine de dossiers et l'entreprise Accès Remorquage.

Cette opération policière n'a cependant rien à voir avec le rapport de l'inspecteur général, publié en avril dernier, qui décrivait l’organisation de l’industrie du remorquage des véhicules accidentés à Montréal, où certains secteurs se sont transformés en « petits royaumes » défendus par des entrepreneurs qui n’hésitent pas à user de tactiques d’intimidation, voire de menaces, pour arriver à leurs fins. Ces entrepreneurs sont souvent liés au crime organisé.

L’inspecteur général ajoutait que la Ville de Montréal avait pu contribuer à cette situation en cessant d’octroyer des contrats d’exclusivité pour le remorquage, ce qui avait ouvert la porte à la prise de contrôle de certains secteurs par des entrepreneurs.

Avec des informations de Marc Verreault

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