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126 000 $ : voilà ce que vaut le travail d'une mère

La valeur du travail d'une mère est le thème de la 17e journée nationale du travail invisible, qui souhaite sensibiliser au travail non rémunéré.

Un texte d'Amélie Gosselin

En 2010, le gouvernement du Canada a adopté une motion désignant le premier mardi d'avril comme Journée du travail invisible. Dans cette catégorie on retrouve toutes les formes de bénévolat ainsi que le travail qui est fait au sein de la famille, auprès des enfants ou d'un proche qui a besoin de soins de façon permanente ou temporaire.

L'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFEAS) milite depuis plusieurs années pour que le Canada reconnaisse la valeur du travail invisible et le mesure.

Bien que les hommes soient plus nombreux qu'avant à endosser ces rôles, il demeure que ce sont principalement les femmes qui font du travail invisible, selon Hélène Cornellier, de l'AFEAS. « Tout le travail de bénévolat et au sein de la famille n'a aucune valeur et n'est pas inclus dans le produit intérieur brut (PIB) du pays [...] », ajoute-t-elle.

Ce n'est pas par un salaire qu'il faut reconnaître le travail invisible, selon l'AFEAS. Des mesures fiscales, des prestations et des crédits d'impôt seraient de meilleures options, avance-t-elle.

En 1975, année internationale de la femme, l'ONU avait demandé des mesures pour reconnaître et évaluer le travail invisible. Au Canada, l'AFEAS avait réussi à faire intégrer au formulaire long du recensement une question sur les activités à domicile. C'était en 1996. Cette question a été maintenue jusqu'en 2011, lorsque le gouvernement Harper a modifié le formulaire de recensement.

Incidence sur le salaire des femmes

Selon Hélène Cornellier, ce n'est pas pour rien que plusieurs métiers exercés principalement par les femmes sont la plupart du temps moins bien rémunérés.

Le fait de « rendre visible ces tâches pour dire que ce sont des fonctions importantes permet tranquillement de créer des postes de qualité et fait évoluer l'importance de ces tâches », affirme Hélène Cornellier.

La reconnaissance du travail invisible, ou non rémunéré, effectué par les femmes comme mères et aidantes constitue le dossier de fond de l'AFEAS depuis 40 ans. Cette reconnaissance, à la fois sociale, politique et économique, assurerait l'équité entre les personnes, soutient-elle, et permettrait de diminuer la pauvreté chez les femmes.

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