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2016 : L’année des montagnes russes sportives

BILLET - La fin de l'année 2016 se pointe. Et pour les amateurs de sport, c'est un peu comme si un tour de montagnes russes se terminait. Du début à la fin, cet étrange millésime nous a fait passer d'un extrême à l'autre. Ç'a été l'année des grands revirements, des grandes désillusions et de quelques énormes départs...

En 2015-2016, le Canadien a connu le meilleur début de saison de son histoire, qui a été suivi par le plus gros effondrement de son histoire. Et qui a encore une fois été suivi, en 2016-2017, par le meilleur début de saison de son histoire!

Entre ces deux apothéoses, Marc Bergevin est resté assis sur ses mains quand il fallait dénicher un gardien d’expérience pour remplacer Carey Price. Puis en juin, il a tout renversé sur son passage. Bergevin a secoué les colonnes du temple en réalisant l’une des plus importantes transactions de l’histoire du CH lorsqu’il a expédié P.K. Subban à Nashville en retour de Shea Weber.

Le DG du CH a aussi transformé son équipe quand il a mis la main sur Alex Radulov, réalisant ainsi le coup de filet de l’année dans la LNH.

Plus montagnes russes que ça…

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Et que dire des Penguins de Pittsburgh?

À pareille date l’an dernier, leur DG Jim Rutherford était, de l’avis général, un ringard totalement dépassé par les événements.

Les Penguins venaient d’annoncer un changement d’entraîneur et le feu était pris dans la cabane. Sidney Crosby n’était plus que l’ombre de lui-même et les observateurs se demandaient si les blessures l’avaient irrémédiablement hypothéqué.

Six mois plus tard, « Sid the Kid » soulevait la coupe Stanley et remportait le trophée Conn-Smythe, remis au joueur le plus utile en séries!

En septembre, Crosby a remporté la Coupe du monde, pour ensuite rater le début du calendrier en raison d’une commotion cérébrale. Et le voilà en route pour une saison de plus de 60 buts, qui pourrait s’avérer la plus productive de toute sa carrière.

Quant à Rutherford, toutes les autres organisations tentent désormais de copier son modèle sportif axé sur la vitesse, la vitesse et encore la vitesse.

Les transactions que Rutherford a réalisées, et les jeunes joueurs qu’il a greffés à sa formation le printemps dernier ont plongé la LNH dans une nouvelle ère. La « nouvelle Ligue nationale » qu’on avait connue à compter de 2005-2006 a, en quelque sorte, atteint sa date de péremption en 2016.

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Au Canada, on peut aussi arguer que 2016 a aussi été l’année de la Femme.

La jeune golfeuse canadienne Brooke Henderson a remporté son premier tournoi majeur et s’est hissée au second rang du circuit de la LPGA.

Et aux Jeux de Rio, dès la levée du rideau, une gamine de 16 ans, Penny Oleksiak, a donné un incroyable élan à toute l’équipe canadienne en permettant au pays de décrocher une première médaille (au relais) en sol brésilien.

Les filles du Canada ont ensuite pris les choses en main au rugby, au soccer, au plongeon (Meaghan Benfeito et Roseline Filion), au vélo de montagne (Catharine Pendrel), à l’heptathlon (Brianne Theisen-Eaton), en lutte (Erica Wiebe), alouette!

À la fin des Jeux, Oleksiak avait quatre médailles au cou. Elle était la plus rapide au monde sur 100 mètres et elle portait le drapeau.

À la fin des Jeux, Andre De Grasse avait aussi redonné les lettres de noblesse au sprint canadien en décrochant des médailles de bronze au 100 m et au relais 4 x 100 m, et en mettant la main sur l’argent au 200 m.

L’année qui se termine nous a en quelque sorte annoncé que deux des plus grandes stars de Tokyo 2020 seront des athlètes canadiens.

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Par ailleurs, 2016 a aussi été l’année où deux des plus grands géants de tous les temps sont parvenus à déjouer le temps.

À Rio, à 31 ans, Michael Phelps a mis la main sur cinq médailles d’or et une d’argent. Il est devenu le premier nageur de tous les temps à remporter l’or dans quatre Jeux consécutifs. Il a bouclé sa carrière avec un hallucinant palmarès : 28 médailles, dont 23 d’or.

Pendant ce temps, sur la piste du stade olympique, Usain Bolt faisait encore main basse sur l’or au 100 m, au 200 m et au relais 4 x 100 m.

Il aura conservé le titre d’homme le plus rapide de la planète durant trois Jeux. Cela aussi ne s’était jamais vu.

Quel privilège d’avoir pu assister sur place à ces exploits historiques!

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Au baseball, à sa manière, le directeur général des Cubs de Chicago, Theo Epstein, s’est aussi moqué du temps.

En 2004, Epstein avait bâti une équipe championne à Boston et permis aux Red Sox de Boston de mettre fin à la « malédiction du Bambino », une séquence perdante qui durait depuis 86 ans.

Il y a quelques semaines, les Cubs de Epstein ont mis un terme à la « malédiction de la chèvre » en remportant leur première Série mondiale en 108 ans.

Theo Epstein est le plus grand directeur sportif de notre époque.

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Malheureusement, 2016 nous a aussi montré le plus hideux visage du sport.

Il y a eu le désolant rapport McLaren, qui a tout révélé sur les pratiques des Russes et sur l’ampleur sans précédent de leur système de dopage organisé et soutenu par l’État.

Puis il y a eu le gênant tournoi de boxe des Jeux de Rio, où des arbitres et des juges corrompus ont « arrangé » les résultats de nombreux combats.

Si on nous annonce en 2017 que les Russes sont bannis des Jeux d’hiver de Pyeongchang, il s’agira d’une très grande et très bonne année.

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Mais bon, 2016 nous a aussi montré qu’elle avait un certain sens de l’humour.

Las Vegas a été préférée à Québec dans le cadre du processus d’expansion lancé par la LNH. Et pour expliquer ce choix des gouverneurs de la ligue, Gary Bettman a vanté la « passion » des gens de Vegas pour le hockey.

Et que dire des Maple Leafs de Toronto?

Grands perdants devant l’éternel, les Maple Leafs ont orchestré ces dernières années un plan soi-disant infaillible qui porte le nom de « Shanaplan », en l’honneur de leur président Brendan Shanahan.

En vertu de ce « Shanaplan », les Leafs ont volontairement bouclé la saison 2015-2016 au dernier rang du classement de la LNH, pour ainsi améliorer leurs chances de mettre la main sur le phénoménal attaquant américain Auston Matthews. Ce qui a été fait.

Après avoir empilé les choix de repêchage et les brillants jeunes talents, et après avoir consenti le plus lucratif contrat de l’histoire à l’entraîneur Mike Babcock, les Leafs s’estimaient en mesure de participer aux séries cette saison.

Mais ils occupent présentement le 14e rang dans l’Est. Et tout indique qu’ils devront patienter encore avant de participer à la grande danse du printemps.

Les années passent. Et heureusement, il y a des choses qui ne changent à peu près jamais.

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