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250 000 $ pour prévenir le suicide au Nunavut

Bell Cause pour la cause, qui fait la promotion de la santé mentale, et l'entreprise de télécommunications Northwestel ont annoncé mercredi qu'elles verseraient 250 000 $ sur cinq ans pour lancer un programme de prévention en santé mentale conçu spécifiquement pour les Nunavummiuts. Une initiative bienvenue dans un territoire aux prises avec l'un des taux de suicide les plus élevés du pays.

Un article de Sophie-Hélène Lebeuf

Le programme de sensibilisation au suicide, appelé safeTALK et élaboré par l'organisation LivingsWork, existe déjà au Nunavut, explique Kimberly Masson, directrice exécutive du conseil d'Embrace Life Council, un organisme voué à la prévention du suicide au Nunavut.

C'est d'ailleurs cet organisme qui offre le programme existant, auquel contribue le gouvernement du Nunavut. Il s'agit d'ateliers de prévention d'une demi-journée destinés à des personnes de plus de 15 ans. Le programme les aide à reconnaître les signes de détresse mentale et à orienter les personnes vulnérables vers les ressources appropriées.

Les fonds reçus permettront toutefois d'adapter l'atelier aux besoins spécifiques des habitants du Nunavut et de le traduire en inuktitut, a expliqué Mme Masson à Espaces autochtones. L'organisme sera également en mesure de « former davantage de formateurs ».

L’annonce, à laquelle participaient de hauts dirigeants des deux partenaires financiers ainsi que la championne olympique Clara Hughes, porte-parole nationale de Bell Cause pour la cause, a été faite à l'École secondaire Inuksuk, à Iqaluit.

Le lieu choisi n'a rien de surprenant, puisque la communauté a vu plusieurs adolescents mettre un terme à leur vie au cours des dernières années.

La présence de l'athlète, qui a elle-même souffert d'une dépression grave, a été le fait saillant de l'événement, souligne Mme Masson. « Elle a été très inspirante. Les jeunes étaient clairement intéressés par ce qu'elle avait à leur dire. »

« Ses mots ont trouvé un écho auprès d'eux », ajoute-t-elle. Il faut dire que Clara Hugues a souvent voyagé dans le Grand Nord canadien et a visité plusieurs communautés autochtones.

Elle comprend bien la réalité des Autochtones et des Inuits et reconnaît combien la culture, la langue et la résilience des ancêtres sont importantes. Elle reconnaît aussi le pouvoir que peuvent avoir les jeunes.

Kimberly Masson, directrice exécutive du conseil d'Embrace Life Council

La jeune femme « a montré une grande compréhension de la jeunesse, des enjeux et des défis auxquels les jeunes sont confrontés, mais aussi de leurs réussites », poursuit Mme Masson.

Une réalité inquiétante

Le Nunavut présente des statistiques alarmantes. Le taux de suicide y est 10 fois supérieur à la moyenne canadienne. Chez les hommes inuits âgés de 15 à 29 ans et vivant dans les régions arctiques du Canada, le taux de suicide est même 40 fois supérieur à la moyenne canadienne.

En 2013, le territoire a connu une vague de 45 suicides, dont la moitié des victimes étaient des jeunes de moins de 15 ans, surtout des garçons.

Une étude publiée la même année dressait le profil type des victimes : de jeunes hommes d'environ 24 ans, célibataires, sans emploi et relativement moins éduqués. Les chercheurs soulignaient également que la consommation d'alcool et de marijuana augmentait les risques de suicide.

Statistique Canada révélait l'an dernier que la prévalence des idées suicidaires est presque deux fois plus élevée chez les Autochtones, tous lieux de résidence confondus, que chez les non-Autochtones.

Kimberly Masson tient néanmoins à transmettre un message optimiste.

Si les gens ont des pensées suicidaires, ils peuvent se tourner vers des amis, des membres de leur famille, des aînés, des organismes d'aide. Il y a de l'espoir, il y a de l'aide disponible s'ils en ont besoin. Ils ne sont pas seuls.

Kimberly Masson, directrice exécutive du conseil d'Embrace Life Council

La visite de Mme Hugues et de ceux qui l'accompagnent dans la capitale du Nunavut s'inscrit dans le cadre de leur tournée de plusieurs villes canadiennes, qui vise à faire la promotion des initiatives communautaires en santé mentale d'ici la Journée Bell cause pour la cause, qui se tiendra cette année le 25 janvier.

Une fois par année, Bell invite les Canadiens à faire la promotion de son programme sur les réseaux sociaux. Elle verse 5 cents par interaction à des programmes canadiens en santé mentale.

La somme versée par Bell Cause pour la cause fait partie de son engagement de 1 million de dollars pour soutenir les programmes en santé mentale dans le nord du pays. Par le passé, l'aide financière a par exemple servi à établir la ligne d'écoute d'urgence Nunavut Kamatsiaqtut Help Line.

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