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250 professeurs de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM se rangent derrière leur doyen

Nouveau chapitre dans la saga qui déchire l'UQAM et son École des sciences de la gestion (ESG). Plus de 250 professeurs et chargés de cours de la faculté se mobilisent pour leur doyen, Stéphane Pallage, qui réclame l'autonomie financière de l'école. Les professeurs signent une lettre dans laquelle ils dénoncent les démarches pour le faire taire.

Un texte de Marie-Ève Maheu

La pétition a été envoyée hier à la présidente du conseil d'administration de l'université, Lise Bissonnette.

« Le doyen est le porteur de l'expression et de la volonté d'une communauté de 16 000 personnes qui l'ont choisi et élu; il est notre porte-parole », écrivent les signataires. Ils accusent la direction de l'UQAM de l'avoir muselé. 

« Dans une rencontre ayant eu lieu en après-midi le 24 février 2016, Lise Bissonnette, présidente du conseil d'administration de l'UQAM, a sommé le doyen de l'ESG, Stéphane Pallage, de garder le silence médiatique le plus absolu sur toutes les questions liées aux demandes légitimes d'autonomie de l'ESG, sous menaces de sanctions disciplinaires. De telles menaces sont parfaitement inadmissibles dans notre institution universitaire, qui se veut la gardienne de la liberté de parole, d'expression et d'opinion, et apparaissent à nos yeux comme proprement scandaleuses », disent-ils. 

Le doyen réclame depuis près de trois ans une autonomie accrue de l'ESG. En vain. Ses récentes sorties dans les médias n'ont pas été appréciées de la direction.

« Ce n'est pas une différence d'opinions entre un doyen et un recteur. Le doyen a été élu par l'école, il représente notre école », soutient un des signataires de la lettre, Antonello Callimaci, professeur au Département de sciences comptables et vice-doyen aux études de l'ESG. 

« Je comprends l'angoisse de la direction »

Pour le professeur émérite de l'ESG Yvan Allaire, qui a aussi signé la pétition, la faculté doit pouvoir gérer ses propres revenus. « Pour le développement, pour faire ce que doit faire une école de gestion en 2016, se positionner, se placer dans un monde assez compétitif », explique-t-il.

Devant le refus de l'université de lui accorder cette autonomie, l'ESG va consulter en avril ses 15 000 étudiants, ses 600 professeurs et chargés de cours et ses 125 employés de soutien au sujet d'une éventuelle séparation d'avec l'UQAM. 

« Je comprends la nervosité, je dirais même l'angoisse de la direction à l'idée d'une École des sciences de la gestion qui serait plus autonome et qui aurait un contrôle plus grand sur les revenus qu'elle produit, dit Yvan Allaire. Ça leur fait grandement peur, parce que ça fait 40 ans que les sciences de la gestion subventionnent le reste de l'université. »

Selon les estimations de l'ESG, la faculté génère une centaine de millions de dollars de revenus chaque année. De ce montant, environ 40 millions servent à financer les services centraux de l'UQAM et les autres facultés.

La direction de l'université affirme, de son côté, qu'il n'y a pas de loi du silence à l'UQAM et que le doyen Stéphane Pallage s'est seulement fait rappeler par le recteur et la présidente du conseil d'administration qu'il a le devoir, en tant que membre de la haute direction, de préserver l'intégrité de l'institution. 

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