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28 jours avant les élections en Colombie-Britannique

La campagne électorale vient officiellement d'être lancée en Colombie-Britannique après que la lieutenante-gouverneure Judith Guichon a dissous l'Assemblée législative. Voici l'état des lieux et un retour sur les principaux enjeux.

Le 9 mai, jour de la 41e élection, les Britanno-Colombiens devront choisir leurs députés. Jusque là, 47 libéraux, 35 néo-démocrates, 3 députés indépendants et un seul représentant du Parti vert siégeaient à l'Assemblée.

Les deux principales familles politiques, le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD), sont toutefois en campagne depuis des semaines. Celle-ci s'est accentuée ces derniers jours avec des annonces importantes, notamment la plateforme électorale des libéraux.

Christy Clark vers un 3e mandat

Le Parti libéral, au pouvoir depuis 2001, axe sa campagne sur son bilan en matière de création d'emplois et sur la bonne santé de l'économie provinciale. Sa chef Christy Clark brigue un troisième mandat.

« Aujourd'hui, le Parti libéral de la Colombie-Britannique a la meilleure équipe de candidats jamais eue dans une élection », a lancé Christy Clark, qui gouverne la province depuis 2011, avec fierté.

Christy Clark reconnaît toutefois que la mise en place de sa plateforme n'est pas une mince affaire. Le travail vient juste de commencer et « il ne faudrait pas se débarrasser ce qui a déjà été accompli », dit-elle.

Après s'être félicitée de la santé de l'économie provinciale, la première ministre sortante s'est attaquée en particulier au NPD, insinuant que sa politique favoriserait « des dettes et déficits ». « L'opposition remplacera nos diminutions de taxes par des augmentations. Ils vont détruire des milliers d'emplois et pousser les Britanno-Colombiens au bord du gouffre », selon elle.

Comme elle le fait depuis des mois, Mme Clark a répété que son parti se bat « pour une Colombie-Britannique forte et un avenir prometteur pour tous ».

Le NPD veut retrouver le pouvoir après 16 ans d'opposition

Le Nouveau Parti démocratique compte bien barrer la route à Christy Clark. Le chef du NPD, John Horgan, ne cesse de marteler que les libéraux sont à la merci des grands donateurs. Le NPD affirme qu'il incarne le changement dont la province a besoin et qu'il est le parti qui se préoccupe du citoyen ordinaire.

À Vancouver, John Horgan a répété aux citoyens que « l'économie selon Christy [Clark] a rendu la vie plus dure pour eux ». Dans un style détendu, le chef de file des néo-démocrates s'est adressé directement à son électorat. Il a évoqué par exemple la situation des écoles surpeuplées à Surrey. Mais sa campagne s'articulera autour de trois promesses.

Premièrement, John Horgan promet de rendre la vie plus accessible. Il a notamment fustigé son opposante directe et son parti.

Il a aussi énuméré tous les coûts qui rendent la vie difficile aux Britanno-Colombiens, selon lui : l'assurance maladie, le prix de l'électricité, les frais de péage sur les ponts et la garde des enfants. Aussi, le NPD veut « restaurer la garderie à 10 $ par jour ».

Ensuite, le parti veut « remettre en place les services qui sont importants pour les résidents de la province ». Par là, il entend le financement de l'éducation publique, le temps d'attente dans les hôpitaux et cliniques ou encore les soins aux personnes âgées.

Enfin, M. Horgan s'engage à mettre en place « une économie qui fonctionne pour tout le monde, et non seulement pour les personnes riches et bien connectées ». Il a mentionné entre autres l'industrie de la foresterie, les fermetures de scieries et critiqué la manière dont Christy Clark a géré le dossier du bois d'oeuvre.

Le NPD estime que l'économie doit se bâtir en tenant compte des changements climatiques. Car, l'a-t-il soutenu, « nous savons que, après l'hiver que nous avons connu, quelque chose se passe ».

Le poids des verts

Les sondages font état d'une lutte serrée entre les deux principaux partis. Cependant, un troisième joueur pourrait brouiller les cartes : le Parti vert. Il faut savoir que les verts, menés par Andrew Weaver, sont populaires dans l'île de Vancouver. Andrew Weaver estime d'ailleurs que son programme électoral, bien étoffé, constitue une réelle solution pour le changement.

À Vancouver, le chef des verts a déclaré que cette 41e élection provinciale tournera autour d'une question : « est-ce que les gens sentent qu'ils ont été bien servis par le vieux choix entre les libéraux et le NPD de la Colombie-Britannique? » Andrew Weaver partage cependant le constat de John Horgan en ce qui concerne le coût de la vie et les inégalités de cette économie florissante dont se vante Christy Clark.

Il s'en est aussi pris aux libéraux qui ont « mis l'argent avant les gens, vendu la province au profit de leurs donateurs et au détriment des générations futures ». Andrew Weaver n’a pas non plus épargné le NPD qui est dans l'opposition depuis 16 ans.

Andrew Weaver estime que les verts sont l'alternative et qu'ils feront preuve de « leadership à travers le pays en montrant comment une société peut être prospère, pas seulement pour les riches, mais pour tout le monde en Colombie-Britannique ».

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