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4 policiers de la Côte-Nord accusés de fautes déontologiques

Quatre policiers du Service de police de Uashat mak Mani-Utenam (SPUM), sur la Côte-Nord, sont accusés pour manquements à leur code de déontologie dans le dossier d'un enfant présumément agressé sexuellement.

Par Anne Panasuk d’Enquête

Jenny, la mère de l’enfant, avait raconté à Enquête comment elle avait dû faire quatre plaintes au SPUM avant qu’il y ait enquête de la part de la police concernant des agressions qui auraient été commises par un adolescent de la communauté sur son enfant de 5 ans.

Mme Regis avait aussi raconté comment la trousse médico-légale, c’est-à-dire les prélèvements et examens effectués par un médecin à l’hôpital de Sept-Îles sur son fils et remis au SPUM, avait été perdue. Radio-Canada avait obtenu la confirmation que cette trousse, qui peut contenir des preuves d’agression et d’ADN pour identifier l’agresseur, ne s’était jamais rendue au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale pour fins d’analyse.

Le sergent Pascal Bérubé est accusé de ne pas avoir inscrit la trousse médico-légale dans le registre informatisé des pièces à conviction et de ne pas l’avoir fait analyser. L’ex-directeur adjoint du SPUM Gilbert Vollant est aussi accusé de n’avoir fait aucune démarche pour faire analyser cette trousse et de l’avoir détruite avant analyse.

Selon le commissaire à la déontologie, le sergent Guy Olivier est accusé de n’être pas intervenu de manière à protéger la victime mineure, et ce, à quelques reprises. Finalement, l’ex-directeur du SPUM Normand Ambroise ne se serait pas assuré d’une prise en charge appropriée du dossier.

C’est le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui a demandé une enquête à la Commission de déontologie policière avant même les révélations d’Enquête en février 2017.

La date de la comparution des quatre policiers devant le tribunal administratif n’a pas encore été déterminée.

Joint au téléphone, le chef du SPUM n’a pas voulu faire de commentaires. Quant au Conseil de bande (ITUM), son employeur, il nous a renvoyé à l’avocat criminaliste qui représentera les deux policiers encore à l’emploi du service de police. Il prévoit contester les accusations portées contre eux.

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