Le nombre d'obèses a plus que doublé dans 73 pays depuis 1980 et a continué de croître dans les autres; cela entraîne une forte augmentation des maladies liées au surpoids, révèle une nouvelle étude.

Un texte de Vanessa Destiné

En 2015, 107,7 millions d'enfants et 603,7 millions d'adultes souffraient d'obésité dans le monde, ont déterminé les auteurs de ces travaux parus dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine et présentés à une conférence à Stockholm.

En 2015, l'excès de poids et l'obésité affectaient au total 2,2 milliards de personnes. Plus précisément, l’obésité touche près de 5 % des enfants et 12 % des adultes à l’échelle planétaire.

Toujours selon l’étude, la prévalence de l’obésité est généralement plus élevée chez les femmes que chez les hommes, indépendamment du groupe d’âge.

L’obésité touche sinon davantage les femmes de 60 à 64 ans, alors que chez les hommes, le pic observé se situe entre 50 et 54 ans.

Bien que la prévalence de l'obésité soit moindre chez les enfants que chez les adultes, son accroissement a été plus rapide chez les enfants au cours des 35 dernières années, ont déterminé les chercheurs.

Entre 1980 et 2015, l’obésité a progressé de manière égale chez les garçons et chez les filles, tous groupes d’âge confondus.

L’IMC, un indicateur important

Pour mener leur étude, les chercheurs ont épluché les données disponibles sur l’indice de masse corporelle (IMC) de 195 pays.

Les études démontrent qu’un IMC élevé peut agir comme facteur de risque important dans le développement de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, le cancer ou l’insuffisance rénale.

Il est à noter que l’obésité se décline par classes (I, II, II) et que plus la classe est élevée, plus le risque de développer des maladies cardiovasculaires est important.

De plus, si l’accent est généralement mis sur les personnes présentant un IMC élevé, il faut comprendre que l’insuffisance de poids peut également engendrer des problèmes de santé importants, dont certains peuvent mener à la mort.

Finalement, l’IMC comme seule référence pour calculer le poids santé est de plus en plus contesté, car il ne permet pas de mesurer la graisse dont la densité diffère de celle des muscles, ni sa répartition.

Une crise au niveau mondial

Les chercheurs ont déterminé que le surplus de poids a été lié à près de 4 millions de décès dans le monde en 2015. Il a aussi été lié à plus de 120 millions de cas de perte de qualité de vie pour la même période.

Près de 70 % des morts associées à un IMC élevé sont dues à une maladie cardiovasculaire et, dans 60 % des cas, la personne était obèse.

D’après les auteurs de l’étude, ces résultats montrent « une crise grandissante et troublante de santé publique au niveau mondial ».

Selon l’étude, les États-Unis (79,4 millions) et la Chine (57,3 millions) arrivent en tête des pays où l’on retrouvait le plus grand nombre d’adultes obèses en 2015. C’est par contre en Inde (15,3 millions) et en Chine (14,4 millions) que l’on recensait le plus grand nombre d’enfants obèses.

L’Égypte est le pays où les adultes ont le plus de risque de devenir obèses; la prévalence de l'obésité s'y chiffre à 35 %. Pour les enfants, les risques sont plus élevés aux États-Unis.

Les incidences les plus faibles d'obésité des adultes ont été constatées au Bangladesh et au Vietnam avec seulement 1 %.

Des différences marquées

Avec cette étude, les chercheurs voulait avoir une meilleure idée des facteurs responsables de la progression de l'obésité au niveau mondial.

Ils ont déterminé que la corrélation entre un IMC élevé et les risques de développer des maladies cardiovasculaires varie toutefois grandement d’un pays à l’autre en raison, notamment, des écarts en termes de développement socioéconomique.

Les chercheurs ont ainsi utilisé un indice, le SDI, qui permet de classer les pays en tenant compte de ces différences. Le SDI se base sur le revenu annuel moyen par tête, le dernier niveau d’éducation atteint chez les plus de 15 ans et le taux de fertilité au sein de la population.

Les experts ont rappelé qu’au cours des dernières décennies, beaucoup de politiques basées sur des études scientifiques ont été développées pour limiter la progression de l’obésité au niveau mondial.

Ils citent notamment l’augmentation des taxes sur la malbouffe, de même que des réglementations plus sévères en ce qui a trait à la promotion de ces mêmes produits.

Mais les auteurs de l’étude stipulent qu’aucun pays n’a réussi à enrayer le phénomène de manière significative parce que la plupart du temps, les politiques sont élaborées sans tenir compte des réalités propres à chaque pays.

Cette situation est particulièrement vraie lorsqu'on parle des pays en voie de développement. Dans ces pays, la plupart des programmes liés à la nutrition se concentrent sur la sécurité alimentaire, sans nécessairement mettre l’accent sur la promotion d’une alimentation saine.

Dans un éditorial accompagnant l'étude, les Dr Edward Gregg et Jonathan Shaw, des épidémiologistes des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), estiment d'ailleurs que « le chiffre le plus préoccupant est le triplement de l'obésité chez les enfants et les jeunes adultes dans les pays en développement et à revenus intermédiaires, comme la Chine, le Brésil et l'Indonésie ».

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