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70 ans et toujours au travail, la recette finlandaise

Contrairement à d'autres pays qui voient leur population vieillir, la Finlande, un des pays les plus âgés de la planète, a fait le pari de retenir au travail les employés dans la soixantaine. Comment s'y est-elle prise? Nous sommes allés voir.

Un texte de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

C'est un secret de polichinelle; nos sociétés occidentales ont de plus en plus de rides et de cheveux gris. Au Canada, les 65 ans et plus sont plus nombreux que les moins de 15 ans. Une tendance qui va s'accroître au cours des 20 prochaines années. Et notre société n'est pas prête à s'adapter à cette nouvelle réalité.

La Finlande a, quant à elle, réussi à s'ajuster, en déboulonnant au passage quelques mythes liés au vieillissement. L'un de ces mythes : les séniors sont moins performants que les plus jeunes, et ils devraient donc se retirer pour faire de la place à la relève.

Les Finlandais ont mis en place une série de mesures pour garder les employés plus âgés sur le marché du travail. Les objectifs sont de retenir les travailleurs d'expérience, de s'assurer du transfert des connaissances et de regarnir la cagnotte des fonds de pension.

Baril Dinker, 64 ans, travaille pour une compagnie d'assurance. Elle voulait prendre sa retraite beaucoup plus tôt, mais son employeur l'a convaincue de rester en lui proposant de travailler à son rythme. Il voulait garder cette employée qui connaît bien la clientèle et s'assurer qu'elle transférera son expérience aux plus jeunes. Baril peut désormais concilier sa passion pour les chevaux et son travail.

C'est effectivement une recette gagnante pour les séniors qui acceptent de travailler après 63 ans, l'âge minimum de la retraite. Les employés qui restent au travail après 63 ans, et ce, jusqu'à 68 ans, peuvent avantageusement bonifier leur fonds de pension.

En 2005, le gouvernement finlandais a rajeuni sa législation sur la retraite, nous explique le directeur du Centre finlandais des retraites, Mikko Kautto. « Nous avons introduit la retraite flexible de 63 à 68 ans et mis en place une série d'incitatifs pour garder les travailleurs expérimentés sur le marché du travail. »


Chaque année travaillée après 63 ans équivaut à près de trois ans de cotisation à sa caisse de retraite, et cet incitatif est valable jusqu'à l'âge de 68 ans.

Le gouvernement finlandais estime que sa réforme sur les retraites a déjà porté ses fruits. Dans les années 90, les Finlandais prenaient en moyenne leur retraite dès l'âge de 58 ans. Aujourd'hui, cette moyenne a grimpé à 61,3 ans. De plus, les caisses des fonds de retraite se portent mieux et sont viables à plus long terme.

Pertti Tamminen est conseiller en produits agricoles pour un des fleurons de l'économie finlandaise, la compagnie Berner. À 70 ans, ce n'est pas pour l'argent qu'il continue de travailler. Son travail le tient actif et alerte. Cela lui permet de rencontrer des gens, d'être en contact avec les plus jeunes.

« Valoriser ce lien entre les générations fait partie de nos valeurs chez Berner », me confie l'agente de communication Martina Lilius.

 

L'expérience finlandaise va bien au-delà des chiffres. C'est une philosophie de vie, un respect de l'expérience acquise, des liens importants qu'il faut tisser entre les générations, y compris sur le marché du travail.

La politique sur le vieillissement mise en place par cette social-démocratie reflète bien une valeur ultime chez les Finlandais : le « sisu ». Cette ténacité, ce courage, cette détermination qui ont permis aux Finlandais d'affronter les pires situations et de les sublimer. De quoi inspirer notre société plus jeune.

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