Comment s'organise la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour accueillir les réfugiés syriens qui viennent d'arriver? Nous sommes allés voir.

Un reportage de Michel Labrecque à Désautels le dimanche

Au Québec, les commissions scolaires jouent un rôle fondamental dans l'intégration et la francisation des centaines de réfugiés syriens, tant les enfants que les adultes. « Nous avons mis en place une opération "branle-bas de combat", dit Marc Prescott, directeur du Service de l'organisation scolaire à la CSDM.

On s'attendait à un tsunami. Finalement, il n'a pas eu lieu. Près de 200 élèves syriens sont arrivés en quatre mois à la CSDM. Moins que les 300 à la commission scolaire de Laval et les 250 à celle de Marguerite-Bourgeoys.

Le sourire de Zein

La CSDM, comme ses voisines, s'était préparée. À la mi-février, je me suis rendu au centre d'accueil spécial mis en place par la commission scolaire pour recevoir les Syriens. J'y ai rencontré Zein, 8 ans, un garçon au sourire irrésistible.

Cet enfant est la preuve que la vie est plus forte que la mort. Zein vivait à Alep. Il peut vous reproduire le son des bombes et il vous raconte que son père a été blessé par une explosion.

Du même souffle, il vous dit qu'il aime l'architecture de Montréal et qu'il a hâte d'aller à l'école et d'apprendre le français. Et toujours ce beau sourire!

La patience de Riad

Dans ce centre d'accueil, presque tous les employés sont arabophones. Parmi eux, Riad Djianji, professeur dans un centre de francisation. Il est lui-même Syrien, et il habite Montréal depuis 12 ans. En plus de ce travail, il parraine lui-même des gens de sa famille. Tout cela suscite beaucoup d'émotions chez lui.

À cause d'un imbroglio bureaucratique, Riad Djanji attend toujours son père, qui devrait finalement arriver le 18 avril. Il a bien hâte de le savoir en sécurité.

Sa tante est arrivée à Montréal. Le frère et la sœur avaient fait leur demande ensemble, mais ils ont été séparés. Comme quoi il peut y avoir de petits ratés dans l'opération.

La CSDM a déployé beaucoup de ressources pour s'assurer que tout se passe bien. Il faut bien évaluer les acquis pédagogiques des enfants, pour les mettre au bon niveau. Il faut aussi donner de l'aide psychologique à ceux qui en ont besoin. En fait, c'est le même processus qu'avec les autres réfugiés. Mais il a fallu ajuster les effectifs en fonction de cette vague syrienne.

Les enfants... et les parents

Les commissions scolaires doivent franciser les enfants, mais aussi les parents. À la CSDM, comme ailleurs, on tente de convaincre le plus de Syriens possible de s'inscrire à des cours de francisation.

Ça semble se passer assez bien, selon les employés qui les orientent. Mais il y a parfois des bémols. « Il faut que je paie le logement et nourrisse toute la famille », dit Bachar Mallouh, arrivé au Québec depuis trois ans. « Le gouvernement ne paie pas assez pour les cours de francisation », dit-il dans un anglais approximatif.

Bachar Mallouh souligne toutefois que sa femme a suivi des cours de français et travaille aujourd'hui dans une garderie.

En plus des parents et des enfants, il y a les adolescents et les jeunes adultes. La CSDM a un programme de français de transition. On a créé une classe entièrement syrienne de jeunes de 17 à 20 ans. Ils sont trop vieux pour intégrer le secondaire régulier.

Une fois la francisation faite, ils iront sans doute à l'éducation aux adultes, pour ensuite accéder au cégep et à l'université.

Pour les nouveaux arrivants syriens, c'est la fin de la guerre et le début d'une nouvelle vie qui ne sera pas entièrement de tout repos. Mais l'école va leur donner un coup de main important pour leur permettre de rayonner dans leur société d'accueil.

Écoutez le reportage radio de Michel Labrecque à l'émission Désautels le dimanche le 17 avril.

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