Aux premières lueurs du jour, Martin Laroche est déjà bien installé dans sa cache aux abords du fleuve, sur l'île d'Orléans. Malgré une pluie battante d'automne, son fidèle labrador, Hunter, attend patiemment sous des roseaux que son maître abatte un premier canard.

Un photoreportage de Maxime Corneau

Bien que Hunter ait l'air d'un chien adulte tout à fait normal, il s'agit en fait d'un athlète d'exception. Son maître l'entraîne depuis six ans pour une seule mission : qu'il devienne un champion dans les compétitions de chiens rapporteurs. Mais aujourd'hui, c'est l'heure de la pratique, dans les vagues et la froideur du Saint-Laurent.

Son maître est le président du Club du chien rapporteur de Québec. Il dresse exclusivement des labradors. Plus jeune, il chassait sans chien, mais aujourd'hui, il ne reviendrait jamais en arrière.

« Je vais aller à la chasse avec des amis, pis ça ne me dérangera pas de ne pas chasser et puis de juste regarder mon chien travailler. Pour moi, c'est un accomplissement de voir mon chien rapporter plusieurs oiseaux », explique Martin Laroche.

Les chiens rapporteurs dressés ont toujours les yeux rivés vers l'horizon pour « marquer » les oiseaux abattus. Ils gardent en mémoire jusqu'à cinq points de chute de volatiles, selon Martin Laroche. Le chien peut donc faire plusieurs allers-retours pour rapporter le gibier abattu.

Si le chien ne retrouve plus l'animal, c'est son maître qui lui indique la direction avec une série de gestes et de coups de sifflet. « C'est très rare qu'on perde un oiseau. Il peut se rendre jusqu'à 400 verges du rivage, même avec de la vague », ajoute Martin Laroche. C'est justement la réponse à ces gestes qui est évaluée lors des compétitions auxquelles participent Hunter.

Le Saint-Laurent est un véritable corridor migratoire pour de nombreuses espèces d'oiseaux qui sont en route vers le sud à l'automne. Malgré les appels répétés de Martin, les volées de malards et de canards noirs n'ont que très peu mordu à l'appât et sont restées très loin du rivage, hors de portée de tir.

Après quelques coups de feu, un malard a finalement donné ses derniers coups d'ailes. Une fois qu'il a reçu l'autorisation de son maître, Hunter le rapporte sans attendre.

Sans toutefois être déçu de ce maigre tableau de chasse, Martin préfère en rire après un dernier coup de feu manqué. « Je dirais que, malheureusement, je passe plus de temps à entraîner mon chien qu'à m'entraîner à tirer! »

De toute façon, les malards n'ont qu'à bien se tenir, Martin sera de retour dans sa cache d'ici quelques jours. Non seulement pour la chasse, mais pour entraîner son fidèle ami.

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