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À Montréal-Nord, la ligne rose divise les électeurs

Montréal-Nord, c'est le fief de Denis Coderre. « Son » arrondissement. Là où il réside et où son équipe a obtenu les chiffres les plus élevés aux dernières élections. Mais c'est aussi là que Valérie Plante ferait partir son projet de nouvelle ligne rose du métro. Sur place, dans ce secteur pauvre et multiethnique, les électeurs n'y sont pas indifférents.

Un texte de Thomas Gerbet

Marjorie est une mère de famille de Montréal-Nord qui va travailler tous les jours en voiture au centre-ville. Si une station de métro voyait le jour dans son quartier, elle l'utiliserait pour gagner du temps. « Ça m'avantagerait énormément », dit-elle.

Marjorie a longtemps douté : « Je me questionnais. Est-ce que c'est vrai? Est-ce que ce n'est pas le beau projet qui n'aboutira pas? Mais il faut oser. » Elle votera pour Valérie Plante dimanche.

Tina, une autre cliente du Mail Leger Langelier serait intéressée à utiliser cette éventuelle ligne de métro. Mais ça ne changera pas son vote pour Denis Coderre. « Jusqu'à présent, il a fait des bonnes choses. Donc on continue dans cette voie-là, c'est le meilleur choix », dit-elle.

Une élection plus serrée?

Les électeurs de Montréal-Nord semblent plus déchirés qu'en 2016, quand ils ont élu à 68 % la candidate d'Équipe Coderre, Christine Black, lors de l'élection partielle à la mairie d'arrondissement.

Cette division s'exprime même au sein du couple formé par Jessica et Emmanuel. Elle votera pour Denis Coderre et lui, pour Valérie Plante.

« S'il y a une ligne [de métro] ici, ça va faciliter nos mouvements. De ce fait, ça me fait pencher un peu plus vers la dame [Valérie Plante] », dit Emmanuel.

« Moi je reste avec Denis Coderre, renchérit sa conjointe. J'ai adoré comment il a fonctionné. J'ai confiance en lui. Quand il dit qu'il fait quelque chose, il veut le faire et il est sincère. Elle [Valérie Plante] ne peut pas le faire. Ce n'est pas réaliste, son budget. Elle le prend où? »

Des électeurs de Coderre en 2013 penchent pour Plante

Chantale, elle, ne veut pas payer pour la ligne rose, estimée par Projet Montréal à 5,9 milliards de dollars. « C'est nous autres, les travailleurs, qui vont payer ça. On paie déjà assez à Montréal. Je préfère l'autobus », affirme-t-elle.

Régine, une aînée de Montréal-Nord, est consciente du risque financier, mais elle est prête à le prendre en votant pour Valérie Plante. « Ce serait le fun, un peu de changement, ça ferait du bien. Moi, je suis pour l'avenir », dit cette ancienne électrice de Denis Coderre. Et elle ajoute, en s'embrouillant dans l'expression : « Tu ne casses pas des oeufs sans faire d'omelette. »

La ligne rose, recette magique ou ingrédient du succès de Valérie Plante? Réponse dimanche.

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