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« À partir d’aujourd’hui, ce sera l’Amérique d’abord! » - Donald Trump

C'est par un discours aux accents résolument protectionnistes que Donald Trump a inauguré son mandat présidentiel, vendredi, après avoir été officiellement assermenté devant des dizaines de milliers de personnes réunies devant le Capitole, à Washington. « À compter d'aujourd'hui, ce sera seulement l'Amérique d'abord », a-t-il lancé à l'intention non seulement des Américains, mais du monde entier.

« Toutes les décisions sur le commerce, la fiscalité, l’immigration, les affaires étrangères, seront prises au bénéfice des travailleurs et des familles des États-Unis », a déclaré le 45e président américain. « Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays qui fabriquent nos produits, volant nos compagnies et détruisant nos emplois. »

« Nous allons récupérer nos emplois, nos frontières, notre richesse et nos rêves », a-t-il poursuivi. « Nous allons construire de nouvelles routes et autoroutes, des ponts, des aéroports, des tunnels partout dans notre magnifique pays. Nous allons sortir les gens de l'aide sociale, les remettre au travail, et reconstruire notre pays avec des mains américaines, de la main-d'oeuvre américaine. »

Nous allons suivre deux règles simples : acheter américain et embaucher américain. Nous allons rechercher l'amitié des autres pays, mais toutes les nations ont le droit de placer leurs intérêts en premier.

Donald Trump

M. Trump a globalement présenté les États-Unis comme un pays qui s'est trop longtemps oublié au profit des autres, non seulement en matière de commerce, mais aussi de politique étrangère. Cette époque est révolue, a-t-il assuré.

« Nous avons défendu les frontières des autres pays tout en refusant de défendre les nôtres. Et nous avons dépensé des milliards et des milliards de dollars outre-mer alors que nos infrastructures tombaient en décrépitude », a-t-il fait valoir. « Nous avons rendu d'autres pays riches, pendant que la richesse, la force et la confiance de notre pays se dissipaient à l'horizon. »

Le pouvoir au peuple

M. Trump avait lancé son discours en promettant de défendre tous les laissés-pour-compte de la société, abandonnés selon lui par l'establishment politique. « Nous transférons le pouvoir de Washington à vous, le peuple », a-t-il lancé sous applaudissements de la foule.

« Washington a prospéré, mais cette richesse n'a pas été partagée avec la population. Les politiciens ont prospéré, mais les emplois sont partis et les usines ont fermé. L'establishment s'est protégé, mais n'a pas protégé les citoyens. Leurs victoires n'ont pas été vos victoires », a-t-il ajouté. « Tout cela va changer dès maintenant. »

Ce qui compte n'est pas de savoir qui contrôle le gouvernement, mais si le gouvernement est contrôlé par le peuple. Le 20 janvier 2017 passera à l'histoire comme le jour où le peuple est redevenu le dirigeant de ce pays. Les hommes et les femmes qui ont été oubliés ne le seront plus jamais.

Donald Trump

M. Trump s'est également appliqué à se montrer rassembleur, lui qui a souvent été accusé de semer la division au cours de la campagne électorale. Le patriotisme, a-t-il plaidé, doit être le ciment du pays.

« Quand vous ouvrez votre coeur au patriotisme, il n'y a pas de place pour les préjudices », a-t-il fait valoir. « Il est temps se rappeler ce vieil adage que nos soldats n'oublieront jamais : que l'on soit noir, brun ou blanc, le même sang rouge des patriotes coule dans nos veines. »

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Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis.

Donald Trump

Le président Trump a choisi de prêter serment sur deux bibles : la sienne, qui lui a été offerte par sa mère en 1955, et celle d'Abraham Lincoln, sauveur de l'Union, également utilisée par Barack Obama il y a quatre ans.

Le vice-président Mike Pence a été assermenté peu avant.

Jimmy Carter, George W. Bush et Bill Clinton, trois anciens présidents, ont assisté à l’événement, tout comme son adversaire lors du scrutin présidentiel, Hillary Clinton. C'était la première fois que Mme Clinton et M. Trump se trouvaient sur une même scène depuis le scrutin du 8 novembre.

Après avoir assisté à une messe à l'église St. John's Episcopal en matinée, M.Trump s'était rendu à la Maison-Blanche en compagnie de son épouse Melania; ils y avaient été accueillis par le président Barack Obama et sa femme Michelle.

Les deux couples se sont ensuite dirigés dans un même cortège vers le Capitole, où ils sont arrivés vers 11 h. Pour M. Obama, il s'agissait d'un adieu définitif à la Maison-Blanche; il a d'ailleurs quitté la capitale en hélicoptère après l'assermentation, comme le veut la tradition.

Trump, ou la promesse d'un retour au protectionnisme

L'ère Trump suscite de nombeuses inquiétudes partout dans le monde, notamment en raison de ses intentions protectionnistes affichées. Il a notamment promis de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui lie son pays au Canada et au Mexique depuis 23 ans, afin de mieux protéger les travailleurs américains.

Son porte-parole, Sean Spicer, a déjà indiqué jeudi que M. Trump signera rapidement deux décrets présidentiels, dont l'un visant à confirmer son intention de retirer les États-Unis du Partenariat transpacifique, négocié par 12 pays, dont le Canada.

M. Trump ne cache pas non plus qu'il compte développer de meilleures relations avec la Russie, et s'est montré critique envers l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), dont fait aussi partie de le Canada.

Le flou qu'il entretient sur le sort qu'il entend réserver à l'accord de Paris sur le climat signé par le président Obama soulève également des craintes.

Une cérémonie sous haute sécurité

La police de la capitale fédérale s'est préparée à la présence d'environ 900 000 personnes, à la fois pour assister à la prestation de serment du nouveau président, mais aussi pour manifester contre lui. Les forces de l'ordre doivent garantir la séparation entre partisans et adversaires de M. Trump afin de prévenir tout débordement.

Quelque 28 000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés, des kilomètres de barrières installés, des points de contrôle et des barrages filtrants dressés pour former un cordon de sécurité de huit kilomètres km carrés dans le centre de Washington.

Après l'assermentation, un défilé aura dans les rues de la capitale fédérale américaine.

M. Trump est le président le plus impopulaire à entrer en fonction depuis 40 ans, selon un sondage Washington Post-ABC News publié cette semaine. Il y récoltait 41 % d'approbation, contre 61 % pour le président Obama. Au cours de cette période, le moins populaire des nouveaux locataires de la Maison-Blanche avait été Ronald Reagan, qui récoltait tout de même 58 % d'appuis.

Manifestations

Pendant ce temps, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreuses célébrités, se sont rassemblées en soirée à New York.

Ils ont protesté contre les politiques de Donald Trump. Outre le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, les acteurs Robert de Niro et Alec Baldwin étaient présents. Ils ont lancé des appels à combattre chaque jour les actions du nouveau président.

Le cinéaste Michael Moore a, entre autres, déclaré que Donald Trump n'avait pas la légitimité de diriger les États-Unis.

Des heurts ont également éclaté pendant une manifestation à Washington entre des partisans de Trump et ses adversaires. Les autorités ont même dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui jetaient des ordures sur les pro-Trump.

D'autres mouvements de protestation sont organisés à travers le monde. Des manifestations dénonçant l’entrée en fonction de M. Trump sont attendues à Prague, Bruxelles, Berlin et Londres.

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