Retour

À Winnipeg, des Autochtones victimes de la rafle des années 60 en quête de guérison

Des dizaines de victimes de la rafle des années 60 se rassemblent à Winnipeg pour la rencontre Connecting Our Spirits, une série de discussions, de tables rondes et de forums où ils espèrent retisser des liens mais aussi reprendre contact avec eux-mêmes.

Durant les années 1960, 1970 et même au début 1980, environ 20 000 enfants autochtones ont été arrachés à leur famille pour être adoptés par des familles blanches ailleurs au Canada, aux États-Unis et aussi loin qu'en Europe.

Les enfants ainsi adoptés étaient coupés de tout contact avec leur culture, leur famille d'origine et leur identité antérieure. Plusieurs ont été victimes de sévices physiques et sexuels, et certains ont développé des dépendances à l'alcool ou aux drogues ou encore des troubles psychologiques par la suite.

« Nous étions tout un chacun isolés. Ils nous ont divisés et dispersés, alors nous ne connaissions jamais quelqu'un qui nous ressemblait, qui nous comprenait », explique Skip Gagnon Delaronde, président de la Coalition manitobaine des Autochtones adoptés et organisateur de l'évènement.

Un pied dans le passé et un dans l'avenir

La porte-parole de la Coalition, Selena Kern, affirme que non seulement la série de rencontres aidera les victimes à renouer avec leur culture, leurs origines et leur identité, mais elle permettra aussi de parler de l'avenir.

Le premier ministre du Manitoba Greg Selinger a présenté des excuses officielles en juin aux milliers d'Autochtones qui ont vécu les rafles. Il s'agit de la première fois qu'une province canadienne offre des excuses pour la pratique d'adoption.

En s'adressant aux participants à Connecting Our Spirits, le juge Murray Sinclair, président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, insiste sur le fait que les excuses du gouvernement manitobain ne sont qu'un début.

Il réclame, comme ces enfants adoptés, des excuses officielles d'Ottawa et des autres provinces.

Pourtant, Skip Gagnon Delaronde remarque que les participants souhaitent par-dessus tout trouver les réponses à des questions très personnelles et retrouver la voie de la guérison.

« Qui suis-je ? C'est vraiment ça la grosse question. Tout l'argent du monde ne vaut pas la tranquillité d'esprit que fournirait la réponse à cette question », déclare-t-il.

L'évènement Connecting Our Spirits se déroule à l'Université de Winnipeg du 24 au 26 juillet.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Le Sagittaire: le signe le plus chanceux?





Rabais de la semaine