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Absent au Gala Les Olivier, Mike Ward veut boycotter la compagnie d'assurance

L'humoriste Mike Ward, qui a reçu un élan de soutien de ses collègues humoristes au Gala Les Olivier, dimanche, après avoir boycotté l'événement, est toujours en colère contre la compagnie d'assurance qui n'a pas voulu assurer son numéro d'humour dans son entièreté.

En entrevue à l'émission Les échangistes, à Radio-Canada, l'humoriste a dit vouloir connaître le nom de la compagnie d'assurance concernée pour pouvoir la boycotter, ainsi que le nom de l'avocat qui a donné son avis à propos du numéro.

Vendredi dernier, Mike Ward a annoncé que le sketch que lui et l'humoriste Guy Nantel devaient présenter sur la censure n'avait pas été accepté par Radio-Canada.

Devant le tollé généré par cette annonce, Radio-Canada a répondu que « par respect du processus et suite à une analyse juridique, la décision a été prise par l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour de suspendre la diffusion du sketch ».

« Tant et aussi longtemps que son contenu n'aura pas été assuré, Radio-Canada ne peut pas se permettre de diffuser ce sketch », a expliqué le diffuseur dans un communiqué.

Aux Échangistes, M. Ward est revenu sur la controverse entourant son numéro en précisant qu'une seule phrase posait réellement problème. Il s'agissait de « celle où Guy Nantel me dit : "La Commission des droits de la personne ne devrait pas exister" », a-t-il expliqué à l'animatrice Pénélope McQuade.

L'humoriste a refusé de retirer cette phrase et a plutôt choisi de s'abstenir de participer au gala des Olivier.

« Moi, j'ai même dit au producteur, si Radio-Canada ne peut pas avoir d'assurance, je suis prêt à assumer, je vais signer un release […] Ils m'ont dit : "Tu n'as pas le droit, vu que c'est en cour." On attend la décision, mais le procès est fini, ça n'affectera pas le jugement. Donc, c'était juste leur crainte… »

L'humoriste François Morency, qui était aussi sur le plateau des Échangistes et qui a animé le gala des Olivier, a pour sa part considéré que le problème était lié au fait que les entreprises et les diffuseurs craignent la réaction du public.

« [Avant] de blâmer une compagnie ou un assureur, ou une association quelconque… Il faut remonter un cran avant. Pourquoi les compagnies sont si fragiles et peureuses [et qu'elles] engagent une armée d'avocats? C'est parce qu'ils ont toujours peur d'être la cible d'un blocus, ou d'une page Facebook, ou d'un boudage [sic] total, ce qui fait qu'une ligne ou même un gag totalement inoffensif ou insignifiant, ils vont l'évaluer sous 83 angles différents pour évaluer qu'est-ce qui serait la pire affaire que la pire personne pourrait faire qui pourrait nous affecter », dit-il.

Quoi qu'il en soit, Mike Ward s'est dit touché par la solidarité démontrée par ses collègues humoristes. Lorsque ceux-ci ont appris qu'il ne participerait pas au gala, plusieurs d'entre eux ont décidé d'arriver 15 minutes en retard à l'événement pour témoigner de leur mécontentement.

« Moi je leur disais : "Si vous faites ça, la seule personne que vous punissez, c'est François Morency" », a spécifié M. Ward. Les humoristes ont finalement plutôt décidé de porter des masques arborant un « X » rouge sur la bouche et ils sont montés sur scène ainsi accoutrés lorsqu'un trophée a été décerné à l'absent.

« Moi, j'étais vraiment ému, vraiment ému », a dit Mike Ward en entrevue.

Questionné à savoir si le mot « censure » était employé un peu abusivement par rapport à la situation qu'il avait vécue, Mike Ward s'est défendu en affirmant que même si certains ont fait valoir que les humoristes avaient toute la liberté de dire ce qu'ils voulaient, il ne croyait pas que c'était vrai. « Vous avez toute la liberté radio-canadienne », a-t-il dit.

Le gala des Olivier a fait d'excellentes cotes d'écoute dimanche : plus de 2 millions de personnes ont regardé la remise des trophées à la télévision. Le numéro de Mike Ward et de Guy Nantel a quant à lui été diffusé sur Internet.

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