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Abus sexuels allégués en Centrafrique : Hollande et l'ONU promettent de sévir

Le président français François Hollande et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon refusent « toute impunité » pour les soldats français et les Casques bleus accusés d'abus sexuels au cours d'une mission en Centrafrique.

« Face aux nouvelles allégations d'abus sexuels qui auraient été commis par des militaires de la Minusca [Mission de l'ONU en Centrafrique] et de Sangaris [la force française], le président et le secrétaire général de l'ONU ont exprimé leur même volonté d'établir la vérité et de refuser toute impunité », affirme le président français par voie de communiqué.

« Nous allons discuter avec les États membres [...] de la possibilité d'une cour martiale qui se tiendrait in situ, dans les pays où des faits répréhensibles ont été commis », a pour sa part déclaré Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, en visite à Bangui.

L'enregistrement de tests ADN avant le déploiement de soldats figure également parmi les mesures étudiées, une mesure qui permettrait notamment « de faciliter les tests de paternité » en cas d'accusations.

Forcées d'avoir des rapports sexuels avec des animaux

Des Casques bleus auraient agressé sexuellement des centaines de filles en République centrafricaine.

Trois de ces femmes soutiennent avoir été ligotées et forcées de se livrer à des actes de bestialité par un soldat français, selon le groupe américain AIDS-Free World. Ces trois victimes avancent qu'il y avait une quatrième victime avec elles, mais qu'elle a depuis succombé à une maladie inconnue.

Les présumées victimes soutiennent avoir été contraintes par un commandant français d'avoir des relations sexuelles avec un chien. Chacune des filles aurait reçu l'équivalent de 9 $ US après ces actes. Les jeunes femmes ont dû recevoir des soins médicaux à la suite de ces événements.

Bien que les allégations de bestialité soient « abominables », selon les termes d'un porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, l'ONU demeure incapable de confirmer les faits.

L'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre, a qualifié ces allégations de « répugnantes et odieuses » avant de réitérer la volonté de la France de faire toute la lumière sur cette histoire.

L'ONU enquête également sur le viol présumé d'une adolescente de 14 ans par des Casques bleus burundais le mois dernier.

La dernière agression sexuelle dénoncée serait survenue lundi dernier. La mère d'une adolescente de 16 ans a porté plainte à la police locale indiquant que sa fille avait été violée par un Casque bleu congolais. Le soldat aurait même admis avoir eu plusieurs relations sexuelles avec la jeune femme à qui il aurait donné la somme de 9 $ US. 

Les scandales se multiplient 

L'ONU est aux prises, depuis plusieurs mois, avec des scandales d'allégations d'agressions sexuelles commises par ses Casques bleus. Les crimes allégués se seraient surtout produits en Centrafrique et au Congo de 2014 à 2015.

L'ONU a dépêché une équipe d'enquêteurs sur le terrain afin de faire la lumière sur les cas allégués d'agressions sexuelles. Les contingents onusiens originaires du Burundi et du Gabon seront confinés dans leur camp pendant la durée de l'enquête.

Les enquêteurs de l'ONU ont rencontré 108 victimes, majoritairement des mineures, confirme l'organisme international.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de la personne, Zeid Ra'ad Al-Hussein, estime que les pays qui envoient des troupes devraient en faire davantage pour enrayer ces agressions et s'assurer que leurs militaires rendent des comptes.

D'autres exactions auraient été commises par des groupes armés locaux en 2013.

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