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Accalmie en Tunisie après des centaines d'arrestations

L'armée a été déployée jeudi dans plusieurs villes de Tunisie, où des manifestations contre la politique d'austérité ont fait un mort cette semaine.

Le début de soirée était calme jeudi, après trois nuits de heurts entre forces de l'ordre et manifestants dans plusieurs villes, entraînant l'arrestation de plus de 600 personnes.

Depuis lundi, le mouvement social contre les mesures d'austérité entrées en vigueur le 1er janvier a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre et a donné lieu à des scènes de pillage dans plusieurs villes.

Ces mesures concernent des hausses de prix frappant notamment l'essence, les automobiles ou encore les services de téléphonie et d'accès à Internet, décidées dans le budget 2018.

Le mouvement Fech Nestannew (Qu'est-ce qu'on attend, NDLR), qui a lancé la contestation contre la hausse des prix, a appelé à une nouvelle mobilisation vendredi.

La présidence tunisienne a annoncé que les principaux partis politiques et organisations syndicales et patronales se réuniraient samedi pour évaluer la situation. Le gouvernement accuse les manifestants d'être manipulés par l'opposition.

Trois responsables locaux du Front populaire, parti de gauche, ont été arrêtés jeudi à Gafsa. Cela porte à plus de 600 le nombre de personnes interpellées depuis lundi.

La Tunisie est sous état d'urgence depuis plus de deux ans, une mesure prise après une série d'attaques djihadistes.

Tunis a obtenu en 2016 un nouveau prêt du Fonds monétaire international (FMI), de 2,4 milliards d'euros (3,6 milliards de dollars canadiens) sur quatre ans, en échange d'un programme visant à réduire les déficits.

En dépit d'une reprise de la croissance, l'inflation a dépassé les 6 % fin 2017.

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