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Accident des Broncos : des faiblesses soulignées dans l’industrie du camionnage

Le conducteur du camion au coeur du tragique accident des Broncos de Humboldt travaillait pour la compagnie de transport depuis seulement un mois, une période au cours de laquelle il avait eu droit à deux semaines de formation, a appris Radio-Canada. Des camionneurs soutiennent que cette situation reflète la réalité de l'industrie du transport routier.

Le conducteur du camion semi-remorque qui est entré en collision avec l'autocar des Broncos avait reçu une formation de deux semaines avant de prendre la route, selon Sukhmander Singh, le propriétaire de la compagnie de transport albertaine Adesh Deol Trucking.

Une période insuffisante, estime l'ancien président de l'Association de camionnage de la Saskatchewan, Denis Prud'homme. « Ça devrait être illégal », tranche-t-il.

Selon lui, cette situation s'explique par la pénurie de camionneurs dans l'industrie. « Il y a une certaine pénurie de chauffeurs, c'est très difficile de trouver des chauffeurs qualifiés », croit-il.

Une supervision insuffisante, selon un camionneur

Le camionneur Paul Joseph Gulliver témoigne qu’il lui est déjà arrivé qu’une compagnie lui tende les clés sans formation préalable ou de questions concernant sa capacité à effectuer le travail. « Ils ne s’assurent pas qu’un homme puisse conduire un camion », dit-il.

Selon lui, un temps de formation de deux semaines n’est pas la norme dans l’industrie. « Pour plusieurs compagnies, c’est [ce processus de formation] deux ou trois jours, explique-t-il. Vous conduisez avec un autre conducteur, puis vous conduisez seuls ».

Le président de l'Association canadienne des avocats en transport, Pierre-Olivier Ménard Dumas, explique qu’au pays, les permis de conduire sont délivrés par les provinces. « Certaines provinces parlent de faire de la formation obligatoire », dit-il.

Il estime que le gouvernement albertain a bien agi en retirant le permis de la compagnie du camion semi-remorque concerné par la collision. « Avant que le transporteur puisse reprendre ses opérations, le gouvernement devra s’assurer qu’il peut le faire de manière sécuritaire », croit-il.

Pour prendre le volant d’un camion semi-remorque en Saskatchewan, un conducteur doit avoir un permis de conduire classe 1 A. Il incombe aux entreprises d'imposer ou non une formation supplémentaire aux conducteurs.

Des contraintes de temps

Le chauffeur Tadeusz Gio, quant à lui, met en cause la pression qui pèse sur les camionneurs pour livrer leur cargaison dans les temps. « Le plus gros problème, c’est l’horloge qui fait tic-tac », dit-il.

Les camionneurs ne peuvent conduire plus de 13 heures par jour. Une contrainte qui entre en conflit avec le temps alloué pour livrer leur cargaison.

« Nous ne pouvons pas perdre de temps, parce que nous allons perdre de l’argent, dit-il. Si les conditions routières sont mauvaises, nous devons poursuivre la route puisque l’heure tourne. »

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