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Accord avec l'Iran : tout le marché pétrolier doit s'ajuster

Avec la levée éventuelle des sanctions contre l'Iran, il faut s'attendre à beaucoup de mouvement sur les marchés mondiaux du pétrole. Car qui dit levée des sanctions dit augmentation de production de pétrole brut du côté de Téhéran.

Et si la donne a changé, c'est que l'Iran et les grandes puissances sont parvenus mardi à s'entendre sur le dossier du nucléaire iranien au terme de près de deux ans de négociations et d'un sprint de plus de 17 jours. L'objectif de l'accord est de s'assurer que Téhéran ne puisse utiliser son programme nucléaire pour accéder à l'arme nucléaire.

« Le marché s'attend à ce que la production de l'Iran augmente, ce qui va s'ajouter à la surabondance d'offres actuelles » de pétrole, a expliqué Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

En juin dernier, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zangeneh, avait assuré, à l'occasion d'une réunion organisée par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), que le pays pourrait produire un million de barils de plus par jour dans les six à sept mois qui suivraient la levée des sanctions.

Des sanctions qui faisaient mal

Les réserves de pétrole de l'Iran sont les quatrièmes en importance au monde. Mais les sanctions ont coûté cher à l'Iran qui a vu sa production chuter à moins de 3 millions de barils par jour, depuis 2012.

De plus, les sanctions ont forcé l'Iran à diminuer de moitié ses exportations de pétrole, depuis 2012 toujours, à seulement 1,3 million de barils par jour. Washington a estimé que cela avait coûté à l'Iran plus de 160 milliards de dollars de revenus pétroliers depuis 2012.

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Des impacts aussi au pays 

Le Canada étant un important producteur de pétrole et sa devise liée au cours du pétrole, la situation n'a pas manqué d'influencer la performance du huard qui a chuté à son niveau le plus bas en quatre mois, soit 78,1 ¢US à l'annonce de l'accord avec l'Iran.

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En visite au Québec, la première ministre albertaine, Rachel Notley, s'est voulue rassurante, précisant que le secteur pétrole dans sa province a l'habitude de s'ajuster à des hausses et des baisses des prix du brut. « Nous avons une industrie résiliente et une industrie innovante », a-t-elle déclaré.

Soucieuse de conserver, voire d'accroître ses parts de marché, l'OPEP a continué d'augmenter sa production ces derniers mois. L'offre mondiale étant déjà supérieure à la demande, avec la production accrue de l'Iran, les pressions à la baisse se poursuivront sur les prix du pétrole.

Encore quelques mois d'attente

Toutefois, de l'avis de diplomates impliqués dans les pourparlers, les changements appréhendés par les marchés ne surviendront peut-être pas tout de suite, puisque les Nations unies devront, au préalable, s'assurer que Téhéran respecte les conditions de l'accord.

L'Union européenne ne lèvera les sanctions qu'une fois qu'elle se sera assurée que l'Iran s'en tient aux conditions qui lui ont été fixées.

Fait non négligeable, une fois que les sanctions auront été levées, l'Iran recevra plus de 100 milliards de dollars américains en actifs qui avaient été gelés à l'étranger.

Avec les informations de Philippe-Antoine Saulnier

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