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Accueil mitigé pour les demandeurs d'asile hébergés à Boucherville

La Ville de Boucherville a dû intervenir pour rassurer la population, mercredi, après que des messages haineux eurent été publiés par des citoyens sur sa page Facebook. Ces derniers voient d'un mauvais oeil la récente ouverture d'un centre de demandeurs d'asile, alors que d'autres résidents n'ont pas tardé à exprimer leur solidarité .

Devant la multiplication des commentaires haineux et racistes, la Ville de Boucherville a tenu à calmer les tensions. Les commentaires ont été supprimés et la Ville s'est dite préoccupée par la sécurité des nouveaux arrivants autant que par celle des citoyens.

Des agents de sécurité sont en service pour « assurer le bon déroulement des opérations » autour de l’ancienne résidence pour personnes âgées Havre Providence, qui accueille près de 200 demandeurs d’asile depuis vendredi dernier.

Le bâtiment, qui était jusqu’alors vide, a été réquisitionné par le ministère de la Santé et des Services sociaux, explique Julie Lavigne, directrice des communications de la Ville de Boucherville, soulignant que cette décision n'est pas du ressort de la Ville.

« Ce centre est géré par le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie. La Ville comme telle s’est juste fait informer de la situation », ajoute-t-elle.

« Pour assurer la quiétude du quartier, les personnes hébergées seront soumises à un code de vie et devront respecter les règlements municipaux en vigueur », indiquait la Ville dans un communiqué annonçant l'ouverture du centre.

Inquiétude et ... générosité

Malgré tout, certains résidents sont déstabilisés par l'arrivée des demandeurs d'asile, qui déambulent librement dans le quartier.

« Il y a beaucoup de va-et-vient. […] Moi, je me sens insécure depuis que c’est comme ça. On les entend parler fort de l’autre côté de la rue. Je me sens envahie », confie Linda Gauthier, qui habite juste en face de la résidence Havre Providence.

Contrairement aux messages haineux publiés sur Facebook, des citoyens rencontrés dans les rues du quartier, qui se trouve dans l’ouest de la ville, non loin du fleuve Saint-Laurent, n’ont pas exprimé unanimement des inquiétudes.

Une trentaine de résidents se sont même déjà manifestés pour offrir leur aide au Centre d’action bénévole de Boucherville, qui coordonne les bénévoles sur le terrain.« Moi, je suis dans la partie de la population qui dit qu’il faut les aider. Je n’aimerais pas ça du tout me retrouver dans cette situation, donc j’ai téléphoné ce matin pour savoir s’ils avaient besoin d’aide », explique une résidente du coin à Radio-Canada.Selon Gilles Rivais, un retraité qui a déjà travaillé pour l’ONU en Haïti, « notre société est riche et mieux organisée » et il est normal de vouloir venir en aide à ceux qui sont le plus démunis. « On accueille ces gens, mais ça ne veut pas dire qu’on va permettre tout et n’importe quoi. On voit ce qu’on peut faire », nuance-t-il.

Parmi les migrants qui ont trouvé refuge au centre Havre Providence, Nelson-Pierre Wesbert se dit extrêmement reconnaissant de l’aide qui lui est apportée.« Nous sommes arrivés ici sans savoir quel accueil nous allions recevoir. Je tiens à féliciter les gens d’ici, à Havre Providence, et [...] le gouvernement du Québec, qui a donné l’opportunité aux gens d’accueillir ceux qui viennent de l’extérieur », a-t-il déclaré.

Le centre doit pouvoir héberger jusqu'à 300 demandeurs d'asile.

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