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Acheter en vrac pour réduire le suremballage

Votre épicier vend-il des aliments en vrac? Accepte-t-il de mettre la viande dans les contenants que vous avez apportés? Nous avons fait le test dans une quinzaine d'épiceries de la région de Montréal.

Un texte d’Andrée Langlois, de L’épicerie

De plus en plus d’épiceries se lancent dans la vente d’aliments en vrac pour réduire au maximum les emballages recyclables ou jetables. Cela dit, cette pratique du mouvement zéro déchet n’est pas encore très répandue. Mais rien n’empêche les consommateurs de faire des efforts pour diminuer le suremballage.

Apporter ses sacs réutilisables

Pourquoi ne pas apporter des sacs réutilisables pour les fruits et légumes? Et pourquoi ne pas exiger du vrac de notre épicier?

L’épicerie a fait le test dans une quinzaine d’épiceries de toutes les enseignes de la région de Montréal.

Quand un légume emballé n’était pas disponible en vrac, on demandait d’aller nous en chercher dans l’entrepôt. Cependant, malgré la belle collaboration, il a fallu beaucoup de patience, et rarement a-t-on pu remplir notre sac réutilisable.

Apporter ses contenants

Nous avons poussé l’expérience un peu plus loin en apportant nos plats.

Cette fois, on a eu plus de succès. Près de 70 % des épiceries visitées ont accepté de mettre de la viande dans nos contenants.

Parfois, les épiciers refusent cette pratique pour une question de salubrité ou par crainte qu’il y ait contamination. Mais aucune loi n’empêche les commerçants d’accepter les contenants des consommateurs, souligne Josiane Garneau, microbiologiste au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Le suremballage même au marché public

L’alimentation génère beaucoup d’emballage. On le voit dans tous les rayons au supermarché ainsi que dans la section des fruits et des légumes. Chaque Canadien produit plus de 180 kilos d’emballage par année.

Le suremballage est présent à l’épicerie, mais aussi au marché public en cette saison des récoltes, constate Marlène Hutchinson, auteure du livre Objectif zéro déchet : un projet collectif.

Plusieurs aliments sont emballés, comme la laitue, les carottes, le maïs et le céleri, souvent pour la fraîcheur, la salubrité, la facilité ou la beauté. Mais ceci a un coût pour le consommateur et pour l’environnement.

« Ce sont des coûts de plus parce que c’est emballé. Ce sont des coûts pour la personne qui nous le vend et pour [celle] qui achète. C’est de la consommation inutile de matière d’emballage; c’est du plastique! On devrait avoir juste notre sac réutilisable et mettre l’aliment directement dedans », avance Marlène Hutchinson.

De plus, très souvent, on glisse le tout dans un sac de plastique. Dès janvier 2018 à Montréal, les sacs de plastique seront bannis, sauf les petits sacs pour fruits et légumes qui eux, continuent à être permis tant à l’épicerie qu’au marché public.

Attention aux sacs « 100 % dégradables »

Marlène Hutchinson rappelle que le plastique est très difficile à éliminer, puisqu’il restera dans la nature pendant 400 ans avant de disparaître.

Souvent, on pense faire un bon geste avec des sacs « 100 % dégradables », mais attention : ils ne sont pas biodégradables. Il y a beaucoup de confusion entourant ces sacs. Ils se dégradent oui, mais en de fines particules de plastique qui resteront dans l’environnement très longtemps.

Réduire son empreinte écologique

L’épicerie Espace organique, à Longueuil, s’est jointe au mouvement zéro déchet. En vendant la plupart des aliments en vrac, la propriétaire, Dominique Gagné, souhaitait réduire son empreinte écologique.

Les clients apportent donc des pots de verre et des sacs en tissu pour les aliments. Pour Dominique Gagné, la solution au suremballage, c’est de participer au mouvement zéro déchet un geste à la fois.

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