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Acquittement de sept occupants armés d'un parc en Oregon

Un tribunal fédéral américain a acquitté jeudi sept manifestants armés qui avaient occupé un parc naturel de l'Oregon pendant plus d'un mois en début d'année.

Les sept accusés, dont les deux frères Ammon et Ryan Bundy, chefs de file de la contestation, étaient poursuivis pour avoir tenté d'empêcher des employés fédéraux d'entrer dans le parc national Malheur « par la force et l'intimidation ».

Le groupe, essentiellement composé d'éleveurs et d'anciens militaires provenant de plusieurs États, réclamait la restitution des terres fédérales « au peuple ». Il dénonçait aussi ce qu'il jugeait comme étant des conditions de plus en plus dures imposées aux éleveurs par le gouvernement fédéral.

Certains de ces militants étaient aussi poursuivis pour possession illégale d'arme à feu, et pour vol de biens du gouvernement.

Les accusés étaient passibles de plusieurs années derrière les barreaux.

Ammon et Ryan Bundy restent toutefois détenus pour une autre affaire de confrontation armée avec la police dans le Nevada. Les autres manifestants acquittés ont été libérés.

Soulagement chez les acquittés

Les partisans des manifestants ont crié de joie lors de l'annonce de la décision du tribunal à Portland, à l'issue d'un mois et demi de procès, ont rapporté les médias locaux.

Le verdict constitue « une formidable victoire pour l'Amérique rurale, et une défaite humiliante et désastreuse pour le gouvernement fédéral corrompu », a estimé Neil Wampler, l'un des acquittés, cité par le quotidien The Oregonian.

Le mouvement de protestation avait pris naissance pendant une marche en faveur de Dwight Hammond, 73 ans, et de son fils Steven, 46 ans, deux propriétaires de ranch de la ville de Burns condamnés à la prison pour avoir incendié des terres publiques.

Le 2 janvier, les protestataires ont commencé à occuper le parc Malheur, situé à 80 km de là. Le mouvement a pris de l'ampleur par la suite.

L'occupation a duré 41 jours. La police était parvenue à faire évacuer les lieux le 11 février.

Le porte-parole des manifestants, LaVoy Finicum, avait été abattu fin janvier par les policiers qui tentaient de l'arrêter lors d'une intervention routière.

À l'issue de l'occupation du parc, 26 personnes avaient été inculpées. Onze d'entre elles étaient parvenues à un accord à l'amiable avec les procureurs avant d'être jugées. Les poursuites avaient été abandonnées contre un des militants. Les sept derniers seront jugés en février.

Dans un message diffusé sur Twitter, la gouverneure de l'Oregon, Kate Brown, qui avait fortement critiqué les occupants, s'est dite « déçue ».

De son côté, le Center for Western Priorities, un groupe de défense de la nature, a déploré sur Facebook le verdict rendu, qui « va enhardir les groupes extrémistes ».

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