Retour

Activités de financement : le directeur général des élections avertit les libéraux fédéraux

Organiser des cocktails de financement à 1500 $ le billet n'est pas sans conséquence, avertit le directeur général des élections. Ce genre d'activité, auquel a pris part le premier ministre Justin Trudeau lui-même en mai dernier avec de riches d'hommes d'affaires chinois, peut donner une mauvaise impression au public.

En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, Marc Mayrand confirme que les partis politiques canadiens ont besoin de recueillir des fonds pour mener les campagnes électorales et leurs activités courantes, mais que celles-ci doivent être choisies avec minutie.

« Il faudrait trouver le moyen, sans couper les sources financières, de s'assurer qu'il n'y a pas cette apparence ou cette démonstration d'une certaine collusion, le mot est peut-être un peu fort. Il y aura, je pense, un prix politique à payer pour ça au Canada », explique-t-il.

Justin Trudeau a pris part en mai dernier à une activité de financement du Parti libéral du Canada (PLC) où des hommes d'affaires chinois avaient déboursé 1500 $ pour y avoir accès. Il s'agissait d'une soirée organisée par le président du conseil d’administration de la Chinese Business Chamber of Canada, Benson Wong, à sa résidence de Toronto.

Or, cette activité de financement semble contredire l’esprit et la lettre des règles éthiques adoptées par le premier ministre après qu’il eut pris le pouvoir à l’automne 2015.

Consignées dans un document intitulé Pour un gouvernement ouvert et responsable, ces règles stipulent notamment : « Il ne doit y avoir aucun accès préférentiel au gouvernement, ou [aucune] apparence d’accès préférentiel, accordé à des particuliers ou à des organismes en raison des contributions financières qu’ils auraient versées aux politiciens ou aux partis politiques. »

Les libéraux ont toujours affirmé avoir suivi « les règles les plus strictes » concernant le financement politique.

Selon des données compilées par Radio-Canada, entre le 1er janvier et le 7 novembre 2016, le premier ministre, ses ministres et des secrétaires parlementaires ont participé à au moins 92 activités de collecte de fonds.

Justin Trudeau et le ministre des Finances Bill Morneau ont chacun pris part à 19 activités de financement. Les billets pour rencontrer le premier ministre se vendaient entre 750 $ et 1525 $; ils valaient entre 50 $ et 1525 $ pour rencontrer M. Morneau.

Un dossier épineux pour le prochain DGE

Marc Mayrand prendra sa retraite à la fin de l'année. C'est donc son successeur qui devra piloter une éventuelle réforme du mode de scrutin au Canada.

Les libéraux ont promis que l'élection de 2015 serait la dernière selon le mode de scrutin actuel, mais la refonte promise a du plomb dans l'aile.

Le directeur général des élections souligne que de grands efforts devront être faits pour intéresser les Canadiens sur la question.

« Le système électoral, on y pense la journée où on va voter. Le lendemain on regarde le résultat et après on passe à d'autres choses et c'est normal. Mais quand on veut le remettre en question, je pense que c'est important de prendre un petit moment pour s'informer, pour s'éduquer », soutient M. Mayrand.

Le temps commence à presser pour réformer le mode de scrutin et implanter par exemple un vote proportionnel. Le DGE a déjà estimé qu'il faudrait au moins deux ans pour appliquer d'éventuels changements à temps pour l'élection de 2019.

Les partis d'opposition à Ottawa plaident d'ailleurs pour la tenue d'un référendum pancanadien sur la question.

« Le temps commence à manquer, mais ça rentre dans le calendrier qu'on avait établi au tout début. Un référendum, on avait dit que ça serait bien si ça avait lieu avant la fin juin [2017], alors il reste un petit peu de temps », rappelle Marc Mayrand.

Avec les informations du journaliste Louis Blouin

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine