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Ados en fugue : le Centre jeunesse de Laval « infiltré par un réseau », selon la ministre Charlebois

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, affirme qu'une organisation criminelle s'est infiltrée au Centre jeunesse de Laval, d'où trois jeunes ont fugué cette semaine. Une information remise en doute par la police.

Le gouvernement libéral est préoccupé par le recrutement de jeunes filles par les gangs de rue, mais refuse de blâmer le Centre jeunesse de Laval. La ministre Charlebois estime plutôt qu'il faut s'attaquer aux réseaux sociaux qui permettent d'entrer en contact avec ces jeunes filles.

Mathilde Geoffroy-Aubé, 16 ans, est la troisième adolescente à disparaître de ce centre en moins d'une semaine. Elle aurait fugué le même jour que deux autres jeunes filles, selon la police de Laval.

« On travaille en équipe pour trouver de meilleures façons d'intervenir », assure la ministre Charlebois.

Hier, une adolescente de 14 ans a d'ailleurs été retrouvée saine et sauve après avoir été portée disparue pendant 48 heures. Elle aurait été recrutée par un réseau de prostitution associé à un gang de rue.

Sarah Hauptman, elle, est toujours portée disparue.

L'important pour la ministre Charlebois est de retrouver les deux jeunes filles le plus rapidement possible. « Les ressources ont été mises sur le terrain et les corps policiers s'activent », dit-elle.

L'inspecteur des crimes majeurs au Service de police de la Ville de Laval, Alain Meilleur, ne nie pas que les centres jeunesse puissent être infiltrés par des groupes criminels. Il ne croit pas pour autant qu'un réseau a infiltré celui de Laval plus qu'un autre établissement de la région.

L'agent Alain Meilleur précise cependant que des individus mal intentionnés peuvent aborder leurs jeunes victimes à l'extérieur des centres, lorsqu'elles ont une permission de sortie, ou encore par le biais des réseaux sociaux.

Barrer les portes?

Hors de question de barrer les portes du Centre jeunesse de Laval afin d'empêcher des jeunes filles de s'enfuir, comme c'était le cas avant le dépôt d'un rapport de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse sur la question.

« Les intervenants ont une formation. Ils font le suivi, resserrent les règles et encadrent davantage l'usage des réseaux sociaux », assurait Mme Charlebois, après avoir contacté le Centre jeunesse de Laval pour connaître l'état de la situation.

En tant que mère et grand-mère elle-même, la ministre Charlebois invite aussi les parents à discuter avec leurs enfants. « Il faut que les parents soient vigilants et veillent sur l'utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants. Il ne faut pas avoir peur d'en parler ni d'appeler la police s'il le faut », soutient-elle.

« J'ai énormément d'empathie à l'égard des parents qui vivent cette situation-là. C'est un phénomène évidemment qui doit être attaqué de différentes façons », a pour sa part affirmé Martin Coiteux, le nouveau ministre de la Sécurité publique.

Martin Coiteux a succédé la semaine dernière à Lise Thériault, à qui l'opposition demande de rendre des comptes sur les progrès accomplis sur la question depuis deux ans. « Qu'est-ce qu'elle a fait pour contrer l'exploitation des jeunes filles », s'interroge le député péquiste Pascal Bérubé.

L'opposition interpelle le gouvernement

« Il n'y a pas de place à la partisanerie dans ce dossier. Tout le monde doit être solidaire », affirme le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville.

« On a l'impression que les cas se multiplient, et, en pensant aux parents, la dernière chose dont ils veulent entendre parler, c'est la création d'une nouvelle unité policière », ajoute-t-il.

S'il était à la place du ministre Coitteux, Bernard Drainville dirait d'abord aux policiers « de mettre le paquet, de dépenser de l'argent nécessaire et de prendre tous les moyens pour retrouver Mathilde ». « Ensuite, on se posera la question si on est confronté à un phénomène qui prend de l'ampleur et comment nous devons agir. »

Dans une déclaration commune acheminée plus tôt, les porte-parole du Parti québécois en matière de condition féminine et de sécurité publique, Carole Poirier et Pascal Bérubé, ont aussi voulu savoir quels étaient les plans du gouvernement pour prévenir et lutter contre l'exploitation sexuelle des jeunes filles.

En 2013, alors qu'il était au pouvoir, le Parti québécois avait entamé la préparation d'un plan d'action contre l'exploitation sexuelle qui aurait pu passer par un retour des cours d'éducation sexuelle dans les écoles.

« Nous avions mené des consultations auprès des organismes concernés dans plusieurs régions du Québec. Quelque 260 groupes ont été entendus, rappelle Carole Poirier. Nous avons mis en place un comité ministériel qui a fait des recommandations au gouvernement, notamment sur l'hypersexualisation, la prostitution et la traite des femmes à l'intérieur et à l'extérieur du pays. »

« Le temps est venu de mettre en oeuvre le plan d'action contre l'exploitation sexuelle », insiste Carole Poirier, interpellant du même coup la nouvelle ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault.

En plus des trois jeunes filles qui se sont enfuies cette semaine, une autre adolescente, âgée de 16 ans, a été retrouvée le mois dernier alors qu'elle avait elle aussi été recrutée par une organisation criminelle.

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