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Affaire Marcel Aubut : Jean-Luc Brassard n'écarte pas la possibilité de démissionner

Le chef de mission de la délégation canadienne aux Jeux olympiques de Rio, Jean-Luc Brassard, envisage la possibilité de remettre sa démission s'il n'est pas satisfait de la façon dont le Comité olympique canadien (COC) répondra aux allégations de harcèlement concernant son ancien président, Marcel Aubut.

En entrevue à Gravel le matin, vendredi, Jean-Luc Brassard a confié souffrir personnellement de l'affaire Marcel Aubut et du lourd climat qui s'est installé au COC après la démission de ce dernier, qu'il ne nomme pas explicitement dans l'entrevue.

Son rôle de chef de mission le place dans une situation délicate, parce qu'il doit faire le lien entre les athlètes et des employés du COC qui peuvent se sentir encore blessés, explique-t-il.

Il n'écarte pas la possibilité de démissionner, en dernier recours, si le COC ne répond pas à ses questions et qu'il sent qu'il ne peut plus aller de l'avant.

« Des habits olympiques, j'en ai plein mon garde-robe, a lancé Jean-Luc Brassard. Je n'en ai pas besoin d'un autre nécessairement. J'ai surtout besoin de savoir que j'aurai fait le maximum pour aider des gens qui sont peut-être encore blessés. Je préfère la voie démocratique, je préfère négocier, plutôt que de faire de grandes déclarations et faire tout sauter. »

Jean-Luc Brassard attend beaucoup de la réunion que tiendra ce week-end le conseil administration du COC, à qui il envoyé une lettre dans laquelle il l'invite à une plus grande transparence. Mais il ne se donne pas de limite de temps pour sa réflexion et dit faire confiance à la nouvelle présidente, Tricia Smith, qui s'est montrée réceptive à ses demandes.

« J'ai eu d'excellentes discussions avec Tricia Smith, a expliqué Jean-Luc Brassard. C'est quelqu'un en qui j'ai une immense confiance. C'est une avocate chevronnée, une ancienne athlète olympique, qui a une rigueur exceptionnelle. Elle arrive dans un bourbier, elle a fait le ménage et explique ses façons de faire. Elle avance progressivement. »

« Des lumières rouges »

Le COC a publié, à la mi-janvier, son rapport interne sur les agissements de Marcel Aubut, dans lequel il a reconnu avoir laissé tomber ses employés. « Mais les employés du COC en veulent plus », pense Brassard. Plusieurs questions restent sans réponse, déplore-t-il, comme l'inaction du conseil d'administration face à de nombreuses « lumières rouges ».

« Au cours des dernières années, des lumières rouges se sont allumées à plusieurs moments. Elles ont été ignorées, volontairement ou non. Il faut savoir pourquoi, plaide-t-il. [...] On parle d'émotions humaines. On ne peut pas mettre un diachylon et dire qu'on passe à un autre appel. »

Sylvie Bernier, ancienne plongeuse et médaillée d'or olympique, a confié en janvier avoir déjà été harcelée par Marcel Aubut. En entrevue avec Alain Gravel, elle a soutenu Jean-Luc Brassard dans sa sortie publique et appelé à l'action le conseil d'administration du COC.

« J'appuie Jean-Luc sans réserve, a-t-elle dit. Le directeur général et son conseil d'administration, qui semblent n'avoir rien vu de l'abus de pouvoir qui était omniprésent dans l'environnement de travail, sont imputables. Tous les changements promis et qui ne viennent pas assez rapidement selon Jean-Luc passent par un examen de conscience de leur part. [...] La lettre de Jean-Luc ne va peut-être pas seulement les amener à réfléchir, mais aussi à agir. »

« Il y a encore un mal qui existe »

Si deux dirigeants et un gestionnaire du COC ont été congédiés dans la foulée de l'affaire Aubut, d'autres employés ont fermé les yeux sur les agissements du président démissionnaire et sont encore en poste, regrette Brassard.

Jean-Luc Brassard est convaincu que des employés du COC ont voulu dénoncer des abus dont ils ont été victimes ou témoins pour finalement y renoncer, à cause d'un manque de protection. Et ceux qui ont osé dénoncer ont aussi beaucoup perdu, déplore-t-il.

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