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Affrontements sanglants devant le parlement de Kiev

Une explosion a fait une centaine de blessés et un mort lundi devant le parlement ukrainien, après l'adoption d'un projet de loi octroyant une plus grande autonomie aux régions séparatistes de l'est de l'Ukraine.

La déflagration est survenue après un affrontement entre policiers et manifestants nationalistes, qui ont qualifié le texte de loi adopté en première lecture d'« antiukrainien » et de « pro-Poutine ».

Au moins 90 membres de la Garde nationale ont été blessés. L'un d'eux a succombé sur la table d'opération à un éclat reçu au cœur.

Quatre personnes ont aussi subi des blessures graves « aux yeux, au ventre, au cou et aux jambes », a précisé le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov.

Un journaliste de l'AFP se trouvant sur place a raconté que l'engin explosif a été lancé depuis la foule, composée de plusieurs centaines de manifestants. Il est tombé devant l'entrée principale du parlement, où se trouvaient des membres de forces de l'ordre, mais aussi plusieurs journalistes.

Il s'agirait, selon le ministre Avakov, d'une grenade de combat.

Ces violences sont sans précédent dans la capitale ukrainienne depuis le soulèvement pro-européen de Maïdan, réprimé dans le sang par le précédent régime prorusse, finalement renversé en 2014.

Un projet de loi controversé

Le projet de loi tout juste adopté par la Rada - le Parlement ukrainien - était réclamé par les alliés occidentaux de l'Ukraine afin d'apaiser le conflit armé qui sévit depuis trois ans dans l'est du pays. Au cours des 16 derniers mois, près de 7000 personnes sont mortes, victimes de cette querelle territoriale.

Mais en Ukraine, les partisans de la droite y voient plutôt une tentative de légaliser de facto le contrôle par les rebelles d'une partie de l'est industriel du pays.

Si le projet de loi ne confirme pas le statut de semi-autonomie des territoires sous le contrôle des séparatistes, il octroie davantage de pouvoirs aux conseils des élus régionaux et locaux, notamment ceux situés dans la zone actuellement sous contrôle rebelle. Il autorise aussi l'organisation d'une « police populaire ».

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