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Agressions sexuelles : l'UBC s’excuse pour son manque de réactivité

La direction de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) a présenté ses excuses pour la lenteur avec laquelle elle a traité des accusations d'agressions sexuelles sur son campus de Vancouver.

« Je veux m'excuser auprès des femmes qui ont l'impression que l'Université les a laissées tomber. Nous admirons le courage de ces femmes qui ont décidé de parler pour que l'on porte attention à ce sujet crucial », a dit Martha Piper, rectrice par intérim, dans une déclaration écrite.

Malgré ces excuses, une ancienne étudiante, Glynnis Kirchmeier, affirme qu'elle compte porter plainte auprès du Tribunal des droits de la personne d'ici la fin de l'année. Elle appelle toute personne ayant subi une agression ou du harcèlement sexuel à l'Université au cours des 20 dernières années à se manifester en lui écrivant à ubcsexualassault@gmail.com.

Plus d'un an et demi d'attente

« L'UBC a le devoir légal de fournir un environnement sans harcèlement. C'est l'occasion de refaire les choses correctement. L'UBC va être jugée par l'opinion publique, par le Tribunal des droits de la personne et sans doute aussi dans le civil », estime Mme Kirchmeier.

Elle affirme qu'elle a approché le Bureau de l'équité et de l'inclusion de l'Université, mais que ce dernier lui aurait demandé de rester discrète quant aux cas d'inconduites sexuelles dont elle a été témoin.

Selon une enquête de CBC, l'Université a mis plus d'un an et demi à agir contre un étudiant, malgré des plaintes de harcèlement sexuel d'au moins six femmes sur le campus.

La rectrice Martha Piper reconnaît que « la procédure a pris trop de temps » et que la situation était « frustrante ». Elle promet de mettre en place une meilleure politique pour gérer « efficacement et plus rapidement » les plaintes pour agression ou harcèlement sexuel.

L'agresseur présumé discrètement exclu

« Nous allons étudier les différentes étapes dans ces dossiers pour déterminer comment elles auraient pu être traitées plus efficacement et sans délai », a ajouté la rectrice.

L'étudiant mis en cause, un doctorant de 28 ans au Département d'histoire, aurait commis plusieurs actes inappropriés, dont des attouchements, depuis le printemps 2013. Les premières allégations formelles contre lui ont été rapportées à l'Université un an plus tard.

Une des victimes a demandé à l'UBC d'agir, ce qui aurait été décliné, car l'agression se serait produite en dehors du campus.

Un peu plus tard dans ce même dossier, l'UBC a proposé une médiation entre les étudiantes et leur agresseur présumé, ce que les femmes ont refusé, expliquant que s'asseoir dans une pièce face à la personne qui les a présumément agressées n'était pas une réponse adéquate au problème.

L'Université a discrètement exclu l'étudiant la semaine dernière. Il a confié à CBC qu'il souhaitait faire appel de cette décision.

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