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Agressions sexuelles : plus de 130 dénonciations en 24 heures au SPVM

Dans la foulée des scandales à caractère sexuel visant des personnalités publiques québécoises, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait reçu, en date de vendredi soir, 131 appels en 24 heures sur sa ligne téléphonique destinée aux victimes d'agressions sexuelles.

Jeudi, le SPVM a ouvert une ligne téléphonique temporaire pour inviter les victimes à dénoncer leurs agresseurs. Il a reçu 53 appels seulement dans la journée de jeudi, et l'on recensait 78 appels supplémentaires vers 21 h 00, vendredi.

« Je ne peux pas aller dans les détails, mais on a eu plusieurs appels et on a ouvert quelques dossiers », a indiqué le directeur du SPVM, Philippe Pichet, dans une entrevue à l’émission Isabelle Richer.

Selon les informations de Radio-Canada, un total de 15 rapports ont pour l'instant été remplis en lien avec autant de présumées agressions sexuelles.

Un nouveau bilan sera transmis lundi, a-t-on précisé au SPVM.

Le SPVM a promis d'étudier toutes les plaintes. Ce service d’écoute est disponible du lundi au vendredi, de 7 h à 22 h.

Devant l’ampleur des affaires alléguées concernant Éric Salvail, Gilbert Rozon, Gilles Parent et maintenant Michel Brûlé, le SPVM a décidé d’envoyer un message.

« Avec tout ce qu’on voyait, il fallait que le SPVM puisse offrir aux victimes qui ont vécu ces situations-là des moyens pour pouvoir nous rejoindre », explique M. Pichet.

Le SPVM n’agit pas seul. Il travaille conjointement avec des organismes communautaires, comme le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).

« Le CAVAC est dans nos bureaux et on travaille de concert avec eux pour accompagner les victimes dans cette dure épreuve », explique M. Pichet.

« Quand viennent des procédures à la Cour, s’il y a des accusations, bien il faut accompagner les victimes, les tenir au courant de l’évolution du dossier et offrir un soutien personnalisé », ajoute le directeur du SPVM.

Interrogé sur les façons d’assouplir le processus de dénonciation pour les victimes, Philippe Pichet répond : « Comme directeur de police, je privilégie qu’on fasse ces dénonciations-là au service de police. C’est là qu’on va pouvoir prendre des choses par écrit, faire des enquêtes qui sont nécessaires, et après ça traduire les personnes en justice s’il y a lieu. »

La SQ lance à son tour un appel à la dénonciation

La Sûreté du Québec (SQ) a envoyé vendredi matin, sur son compte officiel Twitter, ce gazouillis :

Le message envoie la population vers une page web où se trouve une liste de numéros de téléphone pour joindre la SQ dans une dizaine de régions du Québec.

Il s’agit d’un rappel de numéros déjà existants pour montrer la « bonne marche à suivre pour rapporter un événement », indique le porte-parole de la SQ, le sergent Hugo Fournier.

Il mentionne par ailleurs qu’il n’y a « pas de hausse notable » des plaintes en ce moment.

Augmentation des demandes d’assistance

Le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) espère que la médiatisation de ces cas allégués pousse d’autres victimes à sortir de l’ombre et à demander de l’aide.

« On souhaite être débordés parce qu’on aimerait offrir du soutien au plus de personnes possible », explique l’agente de liaison pour le Regroupement québécois des CALACS, Mélanie Sarroino, dans une entrevue à l’émission Gravel le matin.

Manque de ressources

Jeudi, Québec a annoncé l'octroi immédiat d'un million de dollars aux organismes d'aide aux victimes d'agression sexuelle, en réponse à la multiplication des dénonciations dans l'espace public québécois.

Des ressources qui arrivent au moment où les CALACS n’ont pas les moyens financiers pour répondre à une demande d’assistance plus forte, selon Mélanie Sarroino

« L’annonce de la ministre [Hélène] David par rapport à l’aide d'un million de dollars va peut-être aider un peu, mais ça ne vient pas régler le problème de base », soutient Mme Sarroino.

Elle ajoute que les organismes ont des stratégies pour pallier le manque de ressources et qu’ils ne refuseront pas d’aide aux gens en crise ou en choc post-traumatique.

« Ces demandes-là, on les reçoit en urgence », indique Mme Sarroino.

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