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Aide à mourir et funérailles religieuses : la position d'évêques canadiens soulève l'indignation

Un document signé par six évêques de l'Ouest canadien qui invitent leurs collègues à refuser les funérailles religieuses aux croyants qui font appel à l'aide médicale à mourir suscite de vives réactions au Québec. Leur position est débattue à la Conférence des évêques catholiques du Canada qui se tient à Cornwall, en Ontario.

Le Conseil pour la protection des malades est très critique face à cette proposition, considérant notamment l'ouverture dont fait preuve le pape François à l'égard des personnes autrefois exclues par l'Église.

« Qu'est-ce qui est le plus indigne ou le moins respectueux des principes religieux : traîner dans un CHSLD avec une couche pleine, s'étouffer à la fin avec ses vomissures ou demander respectueusement et dignement qu'on puisse terminer dans le confort, la sérénité, entouré de ses proches? Posons la question aux évêques », lance le président du Conseil, Paul G. Brunet.

Plus cinglant, le Dr Alain Naud dénonce une directive moyenâgeuse et accuse l'Église de prendre en otage les malades en phase terminale.

« Je suis totalement scandalisé d'une telle position. Humainement parlant, pour être un médecin qui est au chevet des malades, je n'arrive pas à comprendre cette position de l'Église », laisse tomber le médecin de famille qui a déjà prodigué des soins de fin de vie à des patients.

À Québec, pas question de refuser des funérailles religieuses à qui que ce soit, malgré la position de l'Église qui proscrit l'aide médicale à mourir.

« Nous privilégions plutôt l'accompagnement des personnes en fin de vie et nous privilégions les soins palliatifs, mais on va accompagner les personnes dans toutes les situations », assure l'abbé Marc Pelchat, vicaire général de l'archidiocèse de Québec.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix a d'ailleurs confirmé par communiqué qu'il ne diffuserait aucune directive pour inciter ses prêtres à refuser les obsèques religieuses aux patients qui décident de mettre fin à leurs jours.

Preuve que le débat des évêques à Cornwall divise, l'archevêque de Valleyfield, Noël Simard, est plus nuancé dans ses propos.

Sans trancher la question des funérailles des patients ayant recours à l'aide médicale en fin de vie, il insiste toutefois sur l'importance pour les familles et les prêtres de comprendre la motivation qui sous-tend le choix des patients.

« Le respect de son choix doit aussi être en conformité avec l'enseignement de l'Église », affirme l'archevêque de Valleyfield.

La Conférence des évêques catholiques du Canada se poursuit jusqu'au 30 septembre.

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