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Aide médicale à mourir : de plus en plus de demandes au Québec

Un an après qu'on ait commencé à l'offrir, le nombre de demandes pour obtenir l'aide médicale à mourir augmente constamment au Québec.

Un texte de Davide Gentile

Les données communiquées par 12 des 34 établissements de santé témoignent de hausses majeures quand on compare les six premiers mois de l'application de la loi avec les six derniers mois. Dans ces 12 centres, le nombre de demandes est passé de 134 à 247, une augmentation de 84 %. Au CISSS de Laval, par exemple, le nombre de demandes a plus que doublé, passant de 14 à 33 en six mois. En Mauricie, on est passé de 11 à 24 demandes.

Le nombre d'aides médicales à mourir administrées a aussi augmenté de 73 % dans les 12 centres dont nous avons pu obtenir les données.

Au CISSS de Lanaudière, 12 aides médicales à mourir ont été administrées au cours des six mois suivant l'entrée en vigueur de la loi, pour passer à 22 pour la période allant de juin à décembre 2016.

Alors que le nombre de personnes qui ont reçu l'aide médicale à mourir a doublé dans le Bas-Saint-Laurent, à Laval, ce nombre a plus que quadruplé.

Au cours des six premiers mois suivant l'entrée en vigueur de la loi, 166 personnes ont reçu l'aide médicale à mourir et plusieurs pensaient que ce rythme allait se maintenir.

Mais selon Brian Mishara, directeur du Centre de recherche sur le suicide et l'euthanasie de l'UQAM, la hausse des six derniers mois n'a rien d'étonnant. « Dans presque tous les pays où l'euthanasie est instaurée, on constate des augmentations dans les années suivantes », dit-il.

La hausse devrait donc se poursuivre et le spécialiste ne pense pas qu'on atteindra bientôt un plafond. « Ailleurs, même les gens qui ne sont pas mourants finissent par demander d'avoir accès à l'euthanasie », affirme le chercheur, qui donne l'exemple des Pays-Bas, où l'on prépare une loi qui permettrait à toute personne de 65 ans et plus d'obtenir l'aide médicale à mourir, même si elle n'est pas malade. « Si la personne est fatiguée de la vie, elle pourra faire une demande d'euthanasie », relate M. Mishara.

La hausse s'expliquerait aussi par une acceptabilité accrue chez les médecins. « J'ai vu plusieurs docteurs passer par-dessus leurs appréhensions initiales », explique une sommité du secteur qui a voulu garder l'anonymat.

Mais la vigilance demeure grande pour s'assurer que les malades qui reçoivent l'aide médicale à mourir y soient bel et bien admissibles. Le pourcentage de demandes qui ont été réalisées était de 67 % au cours des six premiers mois. Il a baissé à 63 % lors des six derniers mois.

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