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Aide médicale à mourir : la loi proposée trop contraignante dit la famille de Kay Carter

Le besoin de démontrer qu'une mort naturelle est « raisonnablement prévisible » avant d'accéder à l'aide médicale à mourir ne satisfait pas les exigences de la Cour suprême du Canada, soutiennent des plaignants clés dans cette cause.

Lee Carter et son frère, Price Carter, disent que les dispositions du projet de loi C-14 n'auraient pas permis à leur mère, Kay Carter, d'avoir recours à l'aide médicale à mourir, malgré la maladie dégénérative de la moelle épinière qui la faisait grandement souffrir.

La famille Carter déplore s'être battue pour assurer que des personnes comme leur mère aient une manière légale et médicale de mettre fin à des souffrances inimaginables.

Kay Carter et Gloria Taylor sont les deux femmes de la Colombie-Britannique atteintes de maladies dégénératives incurables qui ont porté la cause de l'aide à mourir dans la dignité depuis ses débuts. Kay Carter a finalement obtenu une aide au suicide en Suisse tandis que Gloria Taylor est morte d'une infection avant leur victoire en Cour suprême du Canada.

Le projet de loi C-14 présente comme exigence que le décès du patient soit « raisonnablement prévisible » afin d'être admissible à l'aide à mourir. La décision de la Cour suprême dans l'affaire Carter « n'incluait pas une telle exigence », dit la famille Carter. « Certaines personnes au coeur de l'affaire, incluant Kay Carter, n'auraient pas succombé à leur maladie », ajoute-t-elle.

« La Cour suprême du Canada a décrété que les patients atteints d'une maladie grave et incurable qui leur cause des souffrances intolérables ont le droit de choisir l'aide médicale à mourir », soutient la famille Carter. « Il n'est question d'aucune exigence de décès prévisible en raison de la maladie du patient », 

« Ce projet de loi ne tient pas compte de l'essentiel de cette affaire », affirme Josh Paterson, directeur général de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA) qui a participé à la cause en Cour suprême.

« Le jugement ne se limitait pas aux affaires terminales ni aux affaires dans lesquelles la maladie entraîne le décès, dit-il. Il ne se limitait pas aux affaires de personnes âgées qui pourraient mourir dans les quelques années à venir. »

Lee Carter croit que la nouvelle loi ramènerait la question « à la case de départ ». « Nous nous sommes battus pendant cinq ans et nous avons eu gain de cause devant le plus haut tribunal au pays, dit-elle, et ce projet de loi effacerait la victoire que nous avons obtenue pour les personnes comme ma mère. »

Elle demande au gouvernement de modifier le projet de loi pour « respecter la décision de la Cour suprême et garantir les droits des Canadiens, y compris ceux qui, comme ma mère, souffrent des maladies intolérables qui ne sont pas terminales. »

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