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Airbnb nuit au marché locatif, selon une étude de McGill

Les plateformes de location comme Airbnb contribuent à faire augmenter le prix des loyers et à réduire le nombre de logements disponibles, selon une étude publiée par l'Université McGill qui révèle aussi qu'il y a plus de logements de location à court terme d'Airbnb à Montréal qu'à Toronto et Vancouver.

Selon McGill, il y a près de 5000 logements Airbnb à Montréal, situés principalement dans les arrondissements Plateau Mont-Royal et Ville-Marie.

Le problème, c'est qu'Airbnb et les autres plateformes semblables contribuent à une réduction du nombre de logements et à l'augmentation du prix des loyers, selon David Wachsmuth, auteur de l'étude et professeur à l'École de développement urbain de l'Université McGill.

L'étude recommande notamment qu'il n'y ait qu'une seule propriété par personne et un nombre de jours de locations limité, comme c'est le cas à Amsterdam et à Londres.

Dans un communiqué, Airbnb conteste ces conclusions en affirmant que l'auteur de l'étude a souvent manipulé les données dans le but de nuire à l'entreprise.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) met en doute également les conclusions du rapport.

« La moitié des logements au Québec sont situés dans la région de Montréal. Donc, le parc de logements est immense. Bien sûr certains logements peuvent être très prisés parce qu'ils sont situés à des endroits stratégiques, mais de là à réduire l'offre... On n'est pas encore rendu là et on ne voit pas une explosion des loyers », affirme Hans Brouillette, de la CORPIQ.

La majorité des revenus générés par la plateforme sont récoltés par des entreprises ou des gestionnaires. L'étude de McGill constate également que des gestionnaires d'immeubles, comme la compagnie SONDER de San Francisco qui possède 168 logements, la plupart dans le Plateau, accaparent une grande partie des revenus d'Airbnb.

Le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir, n'est pas surpris. « Ça confirme exactement ce que l'on croit et ce qu'on avait partagé avec la ministre il y a quelques mois », dit-il.

Le député a présenté en avril un projet de loi pour mieux encadrer ce type de location.

Airbnb est très présent dans le Plateau Mont-Royal, et les associations de locataires de l'endroit ne mâchent pas leurs mots à son égard.

« Notre position est ferme. C'est simple, c'est l'interdiction de l'hébergement touristique via les plateformes Airbnb. On parle d'une marchandisation d'un besoin de base », dit Gabrielle Renaud du Comité logement du Plateau.

Avec les informations de Jacques Bissonnet et de Fanny Samson

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