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Ajournement surprise au procès de Jian Ghomeshi

La Couronne a demandé l'ajournement des audiences au procès de Jian Ghomeshi, à Toronto, tout juste après la fin du contre-interrogatoire de la première présumée victime, qui allègue avoir été frappée par l'ex-animateur vedette de la CBC. 

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La Couronne explique que des difficultés d'horaire au sujet de la comparution des prochains témoins la force à suspendre le procès jusqu'à jeudi matin.

Jian Ghomeshi est accusé d'agression sexuelle contre trois femmes et d'avoir vaincu la résistance de l'une d'elles par l'étouffement. 

À la fin de son contre-interrogatoire, la défense de M. Ghomeshi a dépeint la plaignante comme une femme qui était toujours attirée par son présumé agresseur.

La femme, qu'on ne peut nommer à cause d'un interdit de publication, a raconté qu'elle ne voulait plus entendre parler de Jian Ghomeshi dans les médias après l'avoir rencontré en privé à deux reprises.

La femme faisait référence à deux événements qu'elle dit avoir vécus en décembre 2002 et en janvier 2003, dans le véhicule de l'accusé d'abord, puis à son domicile. « Je revivais sans cesse le traumatisme qu'il m'avait fait subir », explique-t-elle, lorsqu'elle le voyait à la télévision ou l'entendait à la radio.

En contre-interrogatoire, la plaignante de 53 ans a reconnu qu'elle a envoyé à Jian Ghomeshi deux courriels à six mois d'intervalle, un an après ces deux rencontres, à partir de janvier 2004, pour s'enquérir du succès de son émission et pour lui donner ses nouvelles coordonnées.

Des courriels en guise d'appât

L'avocate de Jian Ghomeshi, Marie Henein, a lu à voix haute les deux courriels en question. Sur l'un de ces courriels, la plaignante a salué l'animateur, en lui disant qu'il était « bon de le voir » à nouveau à la télévision et que son « émission était géniale ».

Elle complète le courriel en laissant son adresse électronique et son numéro de téléphone, en demandant à l'animateur de reprendre le contact avec elle.

En cour, Me Henein a interrompu la lecture de l'un des courriels et demandé à la plaignante :

La présumée victime a reconnu qu'elle flirtait avec Jian Ghomeshi dans ses courriels.

Elle a toutefois expliqué qu'elle se servait de ces deux messages comme d'« un appât » pour comprendre ce qu'il lui avait fait. « Je voulais seulement communiquer avec lui pour savoir pourquoi il m'avait frappée. »

Me Henein a ensuite fait référence à une photo de la plaignante en bikini, laquelle était jointe à un deuxième courriel envoyé à Jian Ghomeshi, six mois plus tard, en juin 2004. La photo n'a toutefois jamais été montrée à la cour ; elle a seulement été décrite par la défense. « Je voulais qu'il m'appelle, poursuit la plaignante, cette photo était un autre appât. » Me Henein a par ailleurs indiqué que la femme n'avait jamais révélé à la police l'existence de ces deux messages et de cette photo dix ans plus tard, en novembre 2014.

Retour sur les incohérences de lundi

Plus tôt dans la matinée, la défense de Jian Ghomeshi a continué à relever des contradictions et des omissions dans le témoignage de la plaignante.

Me Henein a notamment soulevé des incohérences entre ce que la plaignante a dit à la police en 2014 et au procès lundi. Me Henein a fait valoir que la femme s'est à ce sujet contredite sur la façon dont elle dit avait été violentée dans la voiture de M. Ghomeshi.

La plaignante a reconnu aujourd'hui que Jian Ghomeshi ne lui a jamais frappé la tête contre la vitre « comme [elle] l'avait peut-être laissé entendre aux détectives ». Elle a toutefois souligné qu'il lui avait bien tiré les cheveux brutalement vers le bas du siège pendant qu'ils s'embrassaient dans le véhicule comme elle l'a expliqué à l'ouverture du procès.

Jian Ghomeshi a plaidé non coupable à tous les chefs d'accusation. Dans l'éventualité d'un verdict de culpabilité, il risque une peine maximale de 18 mois de prison pour chaque chef d'agression sexuelle et la prison à vie pour le chef de vaincre la résistance d'une personne par l'étouffement. Les peines de 18 mois peuvent être purgées consécutivement ou simultanément.

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