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Alcool & dépression : les confidences de Michael Phelps

Avant de revenir à ses premières amours, le nageur américain Michael Phelps a traversé, à la fin de 2014, la période la plus sombre de sa vie.

C'est ce qu'a confié le détenteur de 18 médailles d'or olympiques au magazine Sports Illustrated.

À lire ses confidences, publiées mardi sur le site Internet de l'hebdomadaire américain qui paraîtra lundi, le 29 septembre 2014 est peut-être la date la plus importante dans la carrière de Phelps.

Elle ne correspond pourtant pas à une compétition, mais plutôt à son arrestation pour conduite en état d'ivresse après une soirée arrosée dans un casino de Baltimore.

À la suite de cette arrestation, la deuxième pour des faits similaires après celle à l'époque de ses 19 ans, en 2004, au terme des Jeux olympiques d'Athènes, le sportif le plus titré de l'histoire olympique est resté cloîtré chez lui pendant cinq jours, la plupart du temps en pleurs et prostré.

« J'étais dans un endroit particulièrement sombre, je ne voulais même plus vivre », explique-t-il à Sports Illustrated.

Quelques mois plus tôt, Phelps, alors âgé de 29 ans, avait décidé de reprendre, à la surprise générale, sa glorieuse carrière qu'il avait stoppée après les Jeux olympiques de Londres, où il avait porté son palmarès olympique à 22 médailles.

Ses premières apparitions en compétition sont encourageantes, mais Phelps qui a replongé dans les bassins sous la direction de Bob Bowman, son entraîneur de toujours, conserve son mode de vie de « retraité » : sorties, alcool et jeux d'argent, qui ne font pas bon ménage avec la vie de sportif de haut niveau.

Le choc

L'arrestation pour conduite en état d'ivresse est un électrochoc pour sa famille, son omniprésente mère Debbie en tête, et ses proches.

« Qu'est-ce que tu fais de ta vie? », lui lance l'ancien joueur de football Ray Lewis, l'un de ses meilleurs amis.

Poussé par son clan, Phelps décide de suivre un traitement pour soigner ses problèmes d'alcoolisme dans une clinique privée en Arizona.

« C'est sans doute le moment où j'ai ressenti la plus grande peur de ma vie », admet le nageur aux 26 titres mondiaux et 36 records du monde.

Durant son séjour, il apprend que la Fédération américaine le prive, en plus de sa suspension de six mois, des Championnats du monde de 2015, qui devaient être son premier grand rendez-vous sur la route des Jeux olympiques de Rio.

Après 50 jours dans la clinique, Phelps est transformé. Il a fait une croix sur l'alcool, décidant ne plus prendre la moindre goutte d'ici Rio, il s'est réconcilié avec son père, Fred, qui avait quitté sa mère lorsqu'il était enfant (« Je me suis senti abandonné »), et il a surtout fait la paix avec lui-même.

« J'ai découvert beaucoup de choses sur moi-même que je savais déjà, mais que je ne voulais pas gérer, en particulier le fait que je me voyais constamment comme un athlète et jamais comme un être humain », explique-t-il.

Depuis son séjour en clinique, Phelps continue de consulter et participe à des réunions des Alcooliques anonymes. Mais il est un homme apaisé, qui épousera l'été prochain, après plusieurs ruptures, Nicole Johnson, la miss Californie de 2010.

Dans les bassins, il a retrouvé la motivation. Alors que se déroulaient sans lui les Mondiaux de 2015 à Kazan (Russie), il participait aux Championnats des États-Unis où il donnait trois meilleures performances mondiales de l'année (200 m 4 nages, 200 m papillon et 100 m papillon). Il signalait ainsi aux champions du monde de 2015 qu'il faudrait compter sur lui à Rio.

« S'il continue à s'entraîner comme cela jusqu'en août, il sera au top, il nagera des chronos proches de ses temps en combinaison », prévient Bowman en référence aux combinaisons désormais interdites qui amélioraient la flottaison et, donc, les performances.

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