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ALENA : Justin Trudeau réclame un « accord progressiste » à Chicago

À l'Université de Chicago, Justin Trudeau a répété son plaidoyer en faveur d'un Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) plus progressiste. De meilleures conditions de travail et des normes environnementales plus strictes sont des idées qui, jusqu'à présent, n'ont pas semblé intéresser la Maison-Blanche. Ce n'est pas la première fois dans l'histoire de l'ALENA que ces enjeux sont soulevés.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Mercredi soir, Justin Trudeau était loin d'être en terrain hostile.

L'Institut politique de l'Université de Chicago est dirigé par David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

Le premier ministre a d'ailleurs participé à une séance de questions et réponses avec M. Axelrod après avoir prononcé un discours devant près de mille personnes, majoritairement des étudiants.

Justin Trudeau a donc répété le message qu'il martèle depuis plusieurs mois maintenant : il faut que le libre-échange profite à tous.

C'est pourquoi, a assuré le premier ministre, la prochaine mouture de l'ALENA doit assurer de meilleures conditions de travail, question d'éviter les délocalisations.

Selon Justin Trudeau, des chapitres sur l'environnement, les premières nations et les femmes doivent aussi faire partie de l'accord. Ces idées font partie de l'approche « progressiste » dont Ottawa fait la promotion depuis le début de la renégociation de l'ALENA.

À l'Université de Chicago, ces propositions ont attiré l'attention de l'étudiante Alexia Bacigalupi. Selon elle, il faut voir comment on peut changer l'ALENA « pour que ça inclue tout le monde ».

Mais l'accueil est bien différent autour de la table de négociation. Ces enjeux progressistes dont Ottawa fait la promotion ne sont pas une priorité pour l'administration Trump.

Au Canada, le Parti conservateur remet en doute cette stratégie adoptée par le gouvernement libéral.

Certains enjeux soulevés dans les années 1990

Lors de la mise en oeuvre initiale de l'ALENA, dans les années 1990, les enjeux liés aux conditions de travail et au respect de l'environnement étaient aussi au coeur du débat.

À l'époque, l'accord divisait les politiciens américains. De nombreuses craintes ont notamment été exprimées dans le camp démocrate.

L'appui d'une majorité d'élus était nécessaire, puisque l'ALENA a été mis en oeuvre grâce à une loi votée au Congrès. Pour faire accepter l'entente et négocier avec les différents élus, le président démocrate Bill Clinton a notamment fait appel au conseiller Rahm Emanuel.

Aujourd'hui maire de Chicago, il a rencontré Justin Trudeau, mercredi. Dans une entrevue accordée au réseau PBS en 2000, Rahm Emmanuel expliquait ce qui avait été accompli pour permettre la mise en oeuvre de l'ALENA.

Parmi ces compromis, on compte par exemple des textes complémentaires qui ont été ajoutés à l'ALENA et qui portent justement sur les enjeux du travail et de l'environnement.

Ces textes, toujours en vigueur, ne sont toutefois pas contraignants.

C'est entre autres pourquoi Ottawa demande aujourd'hui des dispositions plus fortes.

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