Retour

ALENA : peu d'inquiétude chez les exportateurs canadiens

La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), annoncée par le président des États-Unis, Donald Trump, n'inquiète pas outre mesure les exportateurs et les manufacturiers canadiens

Ce sont davantage les États américains qui risquent de réagir si M. Trump décide de mettre en place des mesures protectionnistes qui pourraient pénaliser le Canada, comme l’imposition d’une taxe à la frontière, estiment plusieurs exportateurs et manufacturiers canadiens.

« Pour 35 États américains sur 50, le Canada est le premier partenaire commercial », souligne le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétreault.

En ce sens, si la situation est avantageuse pour les Américains, elle le sera pour les Canadiens, estiment des membres du milieu.

« Il est évident que les entreprises américaines ont besoin de partenaires canadiens », fait valoir de son côté le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Neuf millions d’emplois aux États-Unis dépendent directement de la relation commerciale avec le Canada.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

La renégociation de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique est l’occasion pour les exportateurs canadiens de diversifier leurs marchés, croit Martine Hébert, présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. L’incertitude qui plane au sujet de l’ALENA devrait inciter les gouvernements québécois et canadien à soutenir les exportateurs qui veulent explorer de nouveaux marchés, explique-t-elle.« Éventuellement, ça pourrait nous ouvrir des portes si les États-Unis se referment trop sur eux-mêmes. [S'ils signent] des accords bilatéraux avec d'autres pays, ça va nous laisser le champ libre », ajoute Mme Hébert, citant entre autres le Japon, qui pourrait devenir un « partenaire important ».

L'accès au marché mexicain en jeu

Si le Canada est dans les bonnes grâces des États-Unis, comme l’a affirmé Stephen Schwarzman, un conseiller de Donald Trump, il est en est tout autre pour le troisième joueur concerné par la réouverture de l’ALENA : le Mexique.

Le président américain a vilipendé à maintes reprises les entreprises américaines qui décident de relocaliser leur production au Mexique. On peut donc prévoir que l’accès à ce marché se retrouvera menacé.

Même s’il ne représente que 2 % des exportations canadiennes, le Mexique demeure un marché intéressant pour les entreprises canadiennes, explique Pierre Dolbec, chef de la direction de Dolbec International, une société spécialisée en transport international.

M. Dolbec estime que le principal enjeu des renégociations de l’ALENA sera l’accès à ce marché. « [Le Mexique] permet aux entreprises canadiennes de faire des produits finis à plus basse valeur que ce qu’on ferait ici », soutient-il. Pour plusieurs entreprises au pays, le Mexique offre un pied-à-terre qui leur permet ensuite de s’attaquer à d’autres marchés en Amérique latine.

Les discussions au sujet de l'ALENA devraient avoir lieu prochainement. Donald Trump a affirmé dimanche qu'il était prêt à rencontrer ses homologues mexicain et canadien dès que possible.

Avec les informations d'Éric Plouffe.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine