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ALENA : Québec doit réclamer un siège à la table des négociations, selon le PQ

Le « manque de volonté » du gouvernement de Philippe Couillard face à la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), actuellement en cours à Washington, risque de coûter très cher au Québec, préviennent les porte-parole du Parti québécois (PQ) Alain Therrien et Nicolas Marceau.

L'absence du Québec à la table des négociations et le manque de priorités claires établies par Québec et Ottawa sont particulièrement préoccupants pour les intérêts québécois, ont estimé vendredi les porte-parole de l'opposition Alain Therrien et Nicolas Marceau.

« Ce qui manque, c'est deux choses. Premièrement, c’est l’énoncé de priorités claires, même de priorités offensives, et deuxièmement, c’est un gouvernement du Québec qui lève le ton et qui dit : on veut avoir un négociateur à la table », a martelé Nicolas Marceau.

Faire valoir l'apport d'Hydro-Québec

Parmi les priorités « offensives » dont le Québec pourrait profiter, il y a notamment la reconnaissance d'Hydro-Québec comme productrice d'énergie verte, a souligné le porte-parole du PQ en matière d'économie, Alain Therrien.

« Ça, c’est une approche constructive de dire regardez, Hydro-Québec, c’est bon pour tout le monde, l’énergie qu’on va produire, vous allez en bénéficier, et au niveau mondial ça va être bénéfique aussi, parce qu’on va faire en sorte d’éliminer les gaz à effet de serre en partie », a expliqué M. Therrien.

Or, avec l'attitude strictement défensive affichée par Ottawa face aux Américains qui, eux, se présentent avec « les dents longues », le Québec risque davantage de sortir perdant de ces négociations, estiment les représentants du PQ.

L'abolition des droits compensatoires

La réforme du mécanisme de règlement des différends et la gestion de l'offre dans l'industrie laitière et forestière sont notamment des questions sur lesquelles le Québec « a tout à perdre », selon MM. Therrien et Marceau.

« Le Québec s’est doté d’un régime forestier qui fait en sorte que le bois au Québec est vendu à des prix concurrentiels, qui respectent la concurrence. Or, les ministres du gouvernement fédéral n’ont jamais même reconnu le fait que le régime forestier québécois était concurrentiel », a dénoncé Nicolas Marceau.

Le PQ réclame par ailleurs la suppression des droits compensatoires imposés par les États-Unis et qui « font déjà mal à l'économie du Québec ».

La menace du commerce électronique

Les États-Unis ont déjà indiqué qu'ils veulent une augmentation du plafond de l'exemption de taxes pour les achats en ligne. Actuellement, la taxe de vente et des droits d'importations s'appliquent sur toute marchandise importée dont la valeur dépasse 20 $, mais Washington souhaite voir ce seuil passer à 800 $.

Cette mesure profiterait évidemment aux consommateurs québécois, mais entraînerait une concurrence « parfaitement déloyale » pour les entreprises québécoises, a souligné M. Marceau.

« Nos commerces de proximité sont en train de fermer », a-t-il déploré, rappelant que le Québec ne touche aucune taxe sur les achats réalisés en ligne sur des plateformes américaines.

« On s’attendrait à ce que le gouvernement du Québec réclame une solution à ce problème-là pour s’assurer que les entreprises du Québec puissent non seulement survivre, mais même prospérer dans le futur », a-t-il ajouté, attaquant à nouveau le manque d'initiative du gouvernement québécois.

Finalement, les porte-parole ont dénoncé « l'incroyable manque de transparence » auquel les Québécois sont confrontés depuis le début des négociations, qui ont débuté le mercredi 16 août.

Cette première ronde de négociations se terminera le 20 août à Washington.

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